Archives-Présentation

Congrégation du Gd-St-Bernard / Archives

Présentation des archives

La Congrégation des Chanoines du Grand-Saint-Bernard gère les archives dont elle en a le dépôt.
Il s'agit d'abord de ses propres archives, historiques et modernes, déposées en la Maison Centrale de Martigny ou dans les maisons locales de la Congrégation.
Elle veille également sur les archives d'autres institutions (paroisses ...) qui sont liées à son champ d'activité pastorale. Cette gestion est réglée par convention signée avec chaque partie.
Elle suit également avec attention les Institutions qui conservent des documents concernant l'histoire de la Congrégation ( Archives sur territoire italien ...)

Fonds centralisés à Martigny.
ASBM : Archives du Saint-Bernard, fonds moderne (Martigny)
Archives modernes de la Congrégation, elles font suite aux archives historiques.
Archives courantes de la Procure (Martigny)
Archives du procureur, cellérier ou économe général de la Congrégation, conservées dans le même local depuis le 18ème siècle.
AGSB MIS : Archives de la Mission (Martigny)
Fonds de la Procure de la Mission, mis sur pied en 1930, suite à la décision de la Congrégation d'envoyer des missionnaires au Tibet, puis à Taiwan.
AGSB SIM : Archives de l'Hospice du Simplon (Martigny)

Fonds épars

AGSB : Archives historiques du Grand-Saint-Bernard (Hospice du GSB)
Les archives historiques de la Congrégation sont conservées à l'hospice du Gd-St-Bernard et sont consultables uniquement sur rendez-vous avec l'archiviste.

Archives de la Mission, à Taïwan

Les archives de la Mission (en Chine, au Tibet, puis à Taïwan) sont conservées sur place (Catholic Church Po-Ai Lu 64 971 Hsincheng, (Hwalien) Taïwan R.O.C.)

Les archives paroissiales

La Congrégation avait depuis le 12ème siècle la charge de paroisses « pleno jure » - statut qui n'a pas été repris dans le code de doit canon de 1983 - c'est-à-dire qu'elle devait en assumer la juridiction temporelle (gestion du patrimoine), tandis que l'évêque en assumait la juridiction spirituelle (gestion des âmes). A ce jour, elles sont généralement dans les différentes paroisses, classées et conservées avec un soin inégal. A terme, il est envisagé de mettre à jour les inventaires et la manière de les conserver, pour leur assurer une certaine pérennité. Les inventaires existants sont disponibles auprès des Archives de l'Etat du Valais à Sion depuis les années 1960 (www.vs.ch/Navig/navig.asp?MenuID=1902).

Fonds dont la gestion est assurée par d'autres institutions

Archives de l'Ordre Mauricien (AOM), à Turin

Le 19 août 1752, par la bulle "In Supereminenti", la prévôté du Grand-Saint-Bernard est démembrée de ses maisons situées dans les Etats sardes dont la résidence des prévôts, Saint-Jacquême d'Aoste, l'hospice du Petit-Saint-Bernard et une dizaine de paroisses ou prieurés. Les religieux qui s'y trouvent sont réduits à l'état séculier et l'Ordre des saints Maurice et Lazare hérite de ces propriétés avec quelques devoirs, dont celui de fonder un hôpital dans la ville d'Aoste. A cette occasion, les archives de la Congrégation qui se trouvaient dans la résidence des prévôts deviennent la propriété de l'Ordre Mauricien qui gère les fonds anciens du Grand-Saint-Bernard depuis lors (Archivio Storico Mauriziano, Ospedale Umberto Primo, Via Magellano n°1, I-10128 Torino). En 1784 une partie de ces archives a été restituée à la Congrégation. Il s'agit principalement ce qui concerne les propriétés que la Congrégation avait conservées en Valais. Les archives de l'Ordre Mauricien contiennent un inventaire de 9 volumes in-folio du 18ème siècle rédigé principalement en français et intitulé "Inventario delle scritture della Prevostura e Casa dei Santi Nicolao e Bernardo d'Aosta", c'est un énorme fond concernant la gestion des bénéfices de la Congrégation, principalement hors du diocèse de Sion: www.aasm.ch/aom/tdm_aom.html?lang=fr

Archivio di Stato di Torino (AST), à Turin

Les splendides archives d'Etat de Turin sont celles de la Maison de Savoie. Dès 1475 le Bas-Valais passe de la juridiction de Savoie à celle de l'évêque de Sion et des 7 dizains. Pour le Grand-Saint-Bernard, cette date marque un tournant car la majorité des ses terres et bénéfices restent sous la juridiction de la Maison de Savoie (résidence des prévôts, paroisses et prieurés en Val d'Aoste, Hospice de Petit-Saint-Bernard et quelques paroisses sur le versant français du col, prieuré de Meillerie et autres possessions au Sud du Lac Léman...) tandis que l'hospice, une dizaine de paroisses et quelques fermes sont valaisannes. De plus le droit de présentation des Prévôts du Grand-saint-Bernard appartient à la Maison de Savoie de 1451 à 1752 et la frontière entre la Savoie et le Valais sur le col est sujet à des controverses continuelles de la fin du 15ème siècle à 1906, date de concordat écrit entre l'Italie et la Suisse pour régler enfin ce malentendu. Aussi, tout naturellement des fonds concernant le Grand-Saint-Bernard sont conservés à l'Archivio di Stato di Torino. http://ww2.multix.it/asto/
L'Archivio di Stato comprend deux localisations:
1. Archivio di Stato di Torino, Piazza Castello 209, I-10100 Torino, c'est ce qui concerne la cour de Savoie. Le grand fonds est sous Abbazie, Gran San Bernardo, dans d'autres séries se trouvent aussi des documents concernant notre sujet.
2. Archivio di Stato di Torino, Via Piave 21, I-101000 Torino, c'est plutôt la comptabilité des différentes châtellenies de l'ancienne Savoie. Biblioteca reale, à Turin
A via Castello, à quelques portes des Archives d'Etat se trouve l'entrée à la bibliothèque royale. Y est conservé un fonds de parchemins très divers dont certains concernent le Valais et quelques rares numéros le Grand-Saint-Bernard. Ce fonds semble être l'oeuvre d'un collectionneur.

Suite à une aimable proposition de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (www.aasm.ch) que nous remercions chaleureusement, l'inventaire des archives historiques du Grand-saint-Bernard (AGSB) a été publié sur leur site en 2003-2004, puis transféré en 2005-2006 sur le portail www.digi-archives.org . L'introduction générale de ce fonds présente un historique de la Congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard, une histoire des archives, leur état actuel, ainsi que la présentation de divers types de documents (www.digi-archives.org/fonds/agsb/static/introtdm.html). Les images numérisées des documents valent le détour: elles sont plus lisibles que les originaux.
Dans ces pages - consacrées aux différents fonds concernant les archives de la Congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard de sa fondation (vers 1050) à nos jours - le chercheur trouvera des indications précises pour connaître les fonds à disposition et la manière de les consulter (voir la barre d'outils de gauche), soit:
- le règlement et les conditions de consultation sur le lien " Consultation", (http://www.gsbernard.ch/60/610.html)
- la description des divers fonds d'archives et des liens sur leurs inventaires en ligne au lien " Inventaires" (http://www.gsbernard.ch/60/610.html)


Histoire

Les origines

L'hospice du Grand-Saint-Bernard a été fondé vers l'an 1050 par l'archidiacre d'Aoste, le futur saint Bernard, dit de Menthon ou de Monjou ( ~1020-1081/86), canonisé en 1123 par l'évêque de Novare (I), puis inscrit au calendrier romain en 1681. Il s'agit de la restauration d'un monastère établi à Bourg-Saint-Pierre, au pieds du col du Mont-Joux, dont la première mention remonte à l'an 812. Ce dernier a été détruit par les invasions de Lombards au milieu du 10ème siècle.
Les archives de la Congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard contiennent des documents remontant au 12ème siècle, avec une seule exception, un fragment de la légende de saint Nicolas de Myrrhe de l'époque de la fondation de l'Hospice. Les premiers siècles de l'histoire de cet ordre religieux sont peu documentés, probablement en raison d'un grand incendie qui détruisit l'Hospice en septembre 1554. Cependant, les documents les plus importants, concernant les rapports avec le Saint-Siège, l'évêque de Sion, l'empereur, la famille de Savoie et quelques grands de ce monde ont été précieusement conservés de la fin du 12ème siècle jusqu'à nos jours.

Les premiers inventaires

A partir du 15ème siècle, nous trouvons dans les Constitutions de la Congrégation des ordonnances concernant les archives. Nous nous apercevons que la Congrégation s'est formée autour de l'Hospice et de divers centres administratifs jouissant d'une autonomie variable par rapport à la maison-mère, comme les prieurés de St-Bénin, puis de St-Jacquême en Ville d'Aoste, la rectorie de Sion (Valais), les prieurés de Meillerie et d'Etoy de chaque côté du lac Léman, et bien sûr les diverses résidences des prévôts, Meillerie, Roche, Etoy et Rive-sous-Thonon
Les constitutions de 1437 favorables aux coutumes séculaires, prévoient de transporter au Mont-Joux les bulles et documents concernant l'Hospice et de les déposer dans l'arche du trésor. Les autres documents doivent alors se trouver dans la résidence prévôtale de Meillerie. Il est décidé d'en établir un inventaire.
Les constitutions de 1438 édictées en vue d'un renforcement de la vie régulière, demandent que le prévôt, les prieurs, curés, administrateurs ou officiers de l'hospice et de ses membres doivent dresser, dans le délai d'un an, les registres, récognitions et inventaires dans lesquels seront soigneusement décrits les biens, droits, revenus, etc., de la congrégation; il en sera fait un grand livre en parchemin qui demeurera à perpétuité dans le monastère du Mont-Joux. En outre, toutes les bulles de l'hospice et de ses membres seront conservées à l'hospice lui-même, dans une arche propre et bien fermée, munie de clefs.

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Arches des archives réalisées vers 1490 et en 1727

En 1476, l'hospice passe avec le Bas-Valais de la souveraineté de la Maison de Savoie à celle du Haut-Valais, tandis que la résidence des prévôts (Aoste) reste sous le patronage savoyard. La gestion des archives devient par conséquent conflictuel entre l'hospice et la résidence des prévôts. En 1621, elles sont à la résidence des prévôts. Leur inventaire mentionne "en la chambre du trésor, 55 buffets en bois de sapin dans lesquels autrefois l'on tenait les droits de la maison", et "...dans trois qui se ferment, plusieurs écritures, même les livres de récognitions de Meillerie... ". La situation est toujours semblable à la fin de la prévôté de Roland Viot (1611-1644). Les nonces de Lucerne, par deux fois, font restituer les archives à la maison mère; mais sous le prévôt Norat (1671-1693), par avis de la cour de Turin, elles sont, pour la 3ème fois, derechef ramenées à Aoste.

La Séparation de 1752

Suite à de longues querelles à propos du droit de nomination du prévôt et des conflits sur la manière de vivre la vie religieuse, un événement va bouleverser la vie de la Congrégation: le 19 août 1752, par la bulle "In Supereminenti", Benoît XIV sécularise tous les bénéfices (à l'exception des églises paroissiales) situés dans les Etats sardes et les réunit à l'ordre mauricien; les religieux qui s'y trouvent sont également sécularisés. En contre partie, les chanoines de l'hospice du Grand Saint-Bernard peuvent élire librement leur supérieur général. A ce moment, le local pour les archives, aménagé en 1716 au-dessus de la sacristie de l'église de l'hospice, est presque vide car la majorité des document était à Aoste. L'inventaire des titres conservés à l'hospice, en 1750, fait apparaître, que les documents relatifs aux possessions d'outre-monts sont demeurés à St-Jacquême. A la Séparation, ils sont transportés dans les archives de l'ordre mauricien, partie à Turin, partie à Aoste même, tandis que les documents restés à l'hospice sont provisoirement transférés, en 1749, à la rectorie de Martigny, "par crainte d'un coup de main des Savoisiens".
Cependant, dans la masse des titres emportés à Turin, il y en a de nombreux qui concernent l'administration générale de la congrégation et les biens qu'elle continue à posséder hors des Etats de Sa Majesté sarde. C'est pourquoi les religieux hospitaliers ne tardent pas à intervenir pour réclamer ces documents. Ils ne parviendront pas à leurs fins sans difficultés. Les démarches entreprises dès la Séparation aboutissent en 1785, date où environ 500 titres sont récupérés par la Congrégation. L'énorme masse des documents concernant les bénéfices en terre sarde sont restés à Turin jusqu'à nos jours, conservés par l'Ordre Mauricien qui a hérité des bénéfices sécularisés.

Aujourd'hui

Dès cette époque, les archives de l'hospice n'ont plus subi de bouleversement, leur accroissement s'est déroulé de manière normale. Le local d'archives aménagé au-dessus de la sacristie est resté en usage jusqu'en 1952, date de leur transfert au 2ème étage de l'hospice, dans un local contigu à l'église, la porte voisine de celle de la tribune. Pour des raisons de conservation à long terme (humidité et risques d'incendie), elles ont été déplacées dans les années 1970 dans l'ancienne lingerie. De 1972 à 1994, le chne Lucien Quaglia (1905-2001), archiviste de la Congrégation a rédigé une grande partie des fiches descriptives des documents, tandis que M Grégoire Ghika, archiviste cantonal a patiemment complété le travail, réordonné les diverses séries en vue d'en dactylographier l'inventaire. Le tout a été microfilmé (254 films à 600 photos, soit 152'600 clichés), puis rendu à l'hospice jusqu'en 1996. Notons qu'il n’y a pas eu de réflexion approfondie pour trouver une date butoir afin d’inventorier ces archives historiques (AGSB). Les documents utilisés pour l’administration courante se trouvaient à Martigny (ASBM), tandis que le reste était à l’hospice, dont les dossiers personnels des chanoines. Ainsi, au début des années 1970, tout ce qui était à l’hospice a été pris pour catalogage. Il faut ainsi se méfier des séries dès la fin du dix-neuvième siècle, car elles sont souvent incomplètes, le reste étant à Martigny. La fondation des Archives historiques de l’abbaye de Saint-Maurice a gracieusement proposé de mettre en ligne cet inventaire dès 2002, ce qui est devenu une réalité entre avril 2003 et avril 2004 (www.aasm.ch/agsb/agsb_tdm.html), par contre, la Congrégation ne désire pas encore se lancer dans un projet de numérisation globale, comme la fondation le lui avait proposé.

Hospice du Simplon, le 23 août 2004, Chne Jean-Pierre Voutaz, archiviste

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