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Un
petit millénaire
d'histoire invite l'amateur ou le chercheur à entrer dans les douces
beautés des documents utilisés par nos prédécesseurs. Le parchemin et
le papier ont servi - et servent encore - de supports matériels pour
des échanges entre les hommes. Ce sont des exemples éclatants où la
matière s'ordonne aux réalités spirituelles ; nous ne voyons pas
seulement une peau de mouton tannée au 12ème siècle, plus ou moins
abîmée par l'usure du temps, mais un acte juridique, réglant des
rapports entre les hommes. La recherche de la vérité, la désir de
justice, l'attachement au bien commun qui animaient ces hommes qui
furent nos ancêtres devient pour nous une réalité concrète, palpable.
Et nous pouvons l'analyser pour comprendre davantage ce qui fait la
grandeur de l'homme ; qu'il agisse avec droiture ou bassesse, un appel
venant de l'infini l'invite à une élévation. Nous présentons quelques
types de documents se trouvant dans les Archives (AGSB).
Privilège de Grégoire IX du 7 mai 1231 (AGSB 205) Terme technique utilisé
pour les documents les plus solennels émis par la curie pontificale.
Ils se reconnaissent à quelques caractéristiques précises :
2. La fin de la
première ligne comprend une formule de perpétuité, Ici " IN PPM ", in
perpetuum (pour la perpétuité, pour la mémoire immortelle des siècles).
3. A la fin du texte, trois fois " AMEN ". Comme le texte s'arrête en milieu de ligne, les trois AMEN se suivent de manière rapprochée, celui de milieu est plus difficile à déchiffrer, car écrit de manière davantage cursive. Ils manifestent le caractère solennel et irrévocable du document. 4. La " rota ", l'ancêtre de nos sceaux, contient les noms des saints Pierre et Paul, colonnes de l'Eglise, et le nom du pape, écrits à l'horizontale. Entre les deux cercles, la devise du pape est écrite, en rond. 5. Les signatures du pape et des cardinaux. Au milieu, à côté de la rota, la signature du pape " Ego Gregorius catholice ecclesie episcopus subscripsi ", moi Grégoire, évêque de l'Eglise catholique, j'ai signé. Les cardinaux signent selon leur rang : les cardinaux évêques juste sous la signature du pape, les cardinaux prêtres à la droite du document, donc à notre gauche, et les cardinaux diacres de l'autre côté. Le problème de la droite et de la gauche du document relève du génie. En effet, le sens est donné par la personne qui reçoit le document. L'envoyé pontifical est censé le lire au récipiendaire, qui se trouve alors en face de lui pour en écouter la lecture. Le sens du document est pour celui qui le reçoit. Donc la droite du document - place d'honneur pour les signatures par rapport à la gauche - se trouve sur la gauche de celui qui le lit. Cela manifeste la dignité de la personne qui reçoit un document pontifical : belle astuce pour honorer la personne à laquelle on écrivait... 6. Le monogramme. La signature pontificale est entourée de deux signes étranges, la rota que nous avons décrite, et le monogramme, construit autour de la lettre " N ", c'est le " BENE VALETE " (porte-toi bien). Nous pouvons nous amuser à en découvrir toutes les lettres, qui effectivement sont présentes. 7. La datation longue sur la dernière ligne du document " Datum Laterani, per manum magistri Martini sancte Romane ecclesie vicecancellarii, tertio nonas maii, indictione IIII, incarnationis dominice anno M°CC°XXX°I° " (Donné dans notre palais du Latran, écrit par le maître Martin, vice-chancelier de la sainte Eglise romaine, le troisième jour des nones de mai, année d'indiction 4 (7 mai), l'an de l'Incarnation du Seigneur 1231). 8. Le sceau de plomb du pape, rattaché au document avec un fil de soie, ici rouge et jaune.
Seulement par ces caractéristiques formelles, nous savons qu'il s'agit d'un acte de bienveillance du Saint-siège envers la Congrégation ; ici, le pape Grégoire IX à l'instar de ses prédécesseurs Eugène III, Alexandre III et Luce, prend sous sa protection l'hospice des SS. Nicolas et Bernard de Mont-Joux et confirme ses possessions énumérées au nombre de 84. Le parchemin (52 x 68 cm) est très usé, car il a servi d'acte de propriété des possessions de la Congrégation réparties en Europe (de Londres au Sud de l'Italie), lors des procès. En effet, rares étaient, sous l'Ancien Régime, les souverains qui contestaient l'autorité de la chancellerie pontificale. L'invention des cadastres a permis de ranger ce document dans les archives, laissant ça et là, dans les lieux où cet original a servi lors de procès, des copies authentifiées. Certains détails nous
font deviner de quels types de documents il s'agit : si la cordelette
du sceau était en chanvre (ficelle), nous saurions qu'il s'agit d'un
acte moins resplendissant, traitant de problèmes matériels ou
spirituels. Si, horreur, la ficelle était sur le côté du document, il
s'agirait d'une excommunication. Bien sûr, les autres éléments ne
seraient pas les mêmes qu'ici !
Lettre gracieuse d'Adrien IV du 4 mars 1156 (AGSB 4697) Type de document émis
couramment par la curie pour octroyer une grâce, confirmer des us et
coutumes ou des propriétés. Elles ressemblent à des privilèges
simplifiés à l'extrême :
1. Elles sont écrites d'un seul tenant du nom du pape à la datation. 2. Le début de l'acte comprend le nom du pape, toujours en majuscule, dont seule la première lettre est ornée ; ici le A enjolivé est deux fois plus grand que les autres majuscules. Le reste (son titre, le nom du destinataire et la suite du document) est rédigé en minuscule. Ici : " ADRIANUS episcopus, servus servorum Dei " (ADRIEN, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu), " dilectis filiis preposito et universis fratribus hospitalis de Monte Jovis salutem et apostolicam benedictionem... " à ses fils bien-aimés le prévôt du Mont Joux et à tous ses confrères de l'hospice du Mont Joux, salutation et bénédiction apostolique... 3. Quelques majuscules sont légèrement travaillées. Elles sont l'équivalent de nos sauts de paragraphes. Au début de la lettre, le pape Adrien IV confirme au prévôt et aux frères de Mont Joux l'hôpital de Troyes - appelé Maison-Dieu - avec ses dépendances, donné par F. évêque du lieu et Henri, comte de Troyes. Au milieu de la neuvième ligne, nous voyons un N plus beau que les autres, qui introduit une nouvelle idée, celle qu'aucun homme n'est habilité à aller à l'encontre du présent document. Enfin, au début de l'avant dernière ligne, le mot " Siquis ", indique que nous sommes à la dernière idée du document, si quelqu'un venait à agir à l'encontre de cette confirmation apostolique, il risquerait l'indignation du Dieu tout puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul, autrement dit l'excommunication. 4. La formule de perpétuité, le triple Amen, la rota, le monogramme et les signatures ne sont pas de mise dans les lettres. Seul le sceau de plomb appendu à une cordelette de soie, jaune pour celle-ci, permet d'authentifier cet acte. S'ils sont séparés, la valeur juridique du document s'estompe. 5. La datation brève conclut la lettre gracieuse : " Dat. Laterani, II nonas marcii " (donnée au Latran le 4 mars). La conservation du
parchemin (18.9 x 17.5 cm) est remarquable.
Lettre gracieuse de Benoît XIV du 9 avril 1753 (AGSB 914/4)
Il s'agit du même type
de document que le précédent, mais avec les siècles, des détails se
sont modifiés :
1. Ces lettres sont toujours écrites d'un seul tenant. 2. La première ligne comprend plusieurs majuscules décorées, le nom du pape étant toujours le premier de l'acte, avec une majuscule énorme : " Benedictus Episcopus Servus Servorum Dei Venerabili fratri Episcopo... : " (Benoît, serviteur des serviteurs de Dieu, à son vénérable frère l'évêque de Sion...). 3. On ne peut pas repérer les différentes idées en regardant d'éventuelles majuscules plus ornées dans le texte, car le texte est presque indéchiffrable pour le commun des mortels, déjà à cette époque, ainsi c'est la copie authentique qui permet d'en saisir le contenu. Ici, il s'agit de la confirmation pontificale de l'élection du prévôt François Bodmer. 4. Le sceau de plomb appendu à une cordelette autre que du chanvre, ici de soie blanche, permet d'authentifier ce type d'acte. 5. La datation brève conclut la lettre gracieuse : " Datum Romae apud S. Mariam majorem anno incarnationis Domincae1753 quinto idiis aprilis, pontificatus nostri anno XIII " (donnée à Rome, à Ste Marie Majeure, le 9 avril 1753, 13ème année de notre pontificat). 6. La série de signatures et d'annotations qui suivent sont les taxes de chancellerie.
Ce parchemin (66.5 x 61 cm) possède une valeur esthétique certaine, mais son écriture laisse à désirer. L'ancienne écriture était la minuscule curiale, encore facilement lisible de nos jours. Elle évolue dès le 16ème siècle pour devenir la " littera Sancti Petri " dont nous avons ici un bel exemple. Ainsi, la chancellerie pontificale envoyait chaque fois, à côté de ces lettres gracieuses tardives, une copie authentique en écriture courante, appelée le Transumptum, qui permettait à celui qui recevait le document de le lire. Ce n'est qu'en 1878, que le pape Léon XIII, à peine élu, ordonne la suppression de cette écriture illisible. Lettre gracieuse de Léon XIII du 14 juin 1888 (AGSB 923/3)
Après
la Réforme des documents de la curie pontificale effectuée par Léon
XIII en 1878, ces documents se sont profondément simplifiés : Lettre exécutoire de Grégoire XI du 1er décembre 1374 (AGSB 230)
Type de
document émis couramment par la curie pour régler des problèmes,
intervenir dans les affaires d'un organisme ecclésiastique ou inviter
un tiers à le faire. Bref de Jules III du 15 avril 1551 (AGSB 275)
Le bref
est un des trois types majeurs de documents pontificaux, avec les
privilèges et les diverses lettres. Ils se distinguent des lettres
entre autres par les éléments suivants : Forma Juramenti, probablement un faux, vers 1510 (AGSB 887)
Il s'agit d'un Serment
de fidélité au St-Siège de l'évêque de Sion Mathieu Schiner qui se
proclame prévôt commendataire perpétuel du Gd-St-Bernard. Il s'agit
probablement d'un faux pour les raisons suivantes :
Qui
possède l'autorité suprême dans l'Eglise ? Cette question a été
longuement débattue, à la fin du Moyen-Âge. Le courant pontifical
maintenait la suprématie de Pierre et de ses successeurs dans les
affaires concernant le gouvernement de l'Eglise (par droit divin),
tandis que le courant conciliariste pensait que l'ensemble des évêques
réunis en concile pouvait exercer une autorité égale à celle du pape
qui, lui, jouissait de manière habituelle d'une autorité suprême hors
les périodes de concile. Le problème se complexifie lorsque, dans ces
luttes de pouvoir, il faut statuer pour savoir quelle est l'instance
compétente pour convoquer un concile. Si réellement l'autorité du pape
est égale à celle du concile, il n'a pas intérêt à en convoquer... La
Constitution dogmatique concernant l'Assomption de la Vierge Marie
(1950) a été signé par le pape Pie XII, qui mentionne la large
consultation de l'épiscopat mondial, tandis que les actes du dernier
concile du Vatican sont signés par le pape Paul VI, puis par les
évêques, reconnaissant ainsi, d'une manière différente, la suprématie
de juridiction de Pierre et l'importance de la communion dans la foi.
Au 15ème siècle, deux conciles de réforme de l'Eglise, ceux de
Constance et de Bâle, se sont réunis sans le Pontife en charge, et
parfois en opposition à ce dernier. Ils ont institué une chancellerie
qui suit de manière quasiment fidèle les modèles pontificaux. La
Congrégation du Grand-Saint-Bernard conserve quelques documents, dont
cette lettre gracieuse du 23 mai 1436 :
Durant les 15ème et
16ème siècles, des cardinaux émettaient des documents accordant des
indulgences de portée modestes à des tiers, qui se reconnaissent aux
caractéristiques suivantes : 2. Elles débutent par
une formule qui dit à qui s'adresse l'indulgence, avant de donner les
noms des cardinaux selon leurs ordres respectifs, puis le nom de
l'église à laquelle l'indulgence est concédée. Ici " UNIVERSIS Et
Singulis Presentes Litteras visuris et audituris " (A tous et chacun
qui verront ou entendront cette lettre), suivi des noms des cardinaux,
puis de l'hospice du monastère des saints Nicolas et Bernard de Mont et
Colonne Joux, dans le diocèse de Tarentaise, c'est l'hospice du
Petit-saint-Bernard.
3. Le contenu est une indulgence de 100 jours à déduire des pénitences qui leur auront été imposées, accordée aux fidèles qui visiteront l'église du monastère à certaines fêtes (Noël, Circoncision, Epiphanie, Rameaux, Pâques, Ascension, Pentecôte, Trinité, Fête-Dieu, à toutes les fêtes de la Vierge, à la nativité et la décollation de St Jean Baptiste, à la Sts Pierre et Paul et à toutes les autres fêtes des apôtres et évangélistes, à l'invention et à l'exaltation de la Ste Croix...) ou qui lui feront des largesses. 4. La date brève en formulation moderne : " Dat. Gebenn. XIIII° die mensis Julii Anno domini 1418, pont. Domini M[artini] V, anno primo " (donnée à Genève, le 14 juillet 1418, la première année de pontificat du pape Martin V). 5. Appendus au pli de l'acte par des cordelettes de chanvre, les sceaux sur cire rouge des cardinaux, selon l'ordre des noms du début du document, ce qui est le cas. Sur le pli. Au fond à droite, le nom du scribe, ici Reinhardus Ringvolber, qui souvent travaille aussi pour la chancellerie pontificale. Souvent, les majuscules de la première ligne sont peintes avec des couleurs différentes, ce qui n'est pas le cas. Il semble que ce soit le document des archives qui contienne le plus grand nombre de sceaux. Documents de légat pontifical : les Constitutions de 1438 (AGSB 694) En 1438, le cardinal
Jean Cervantès, originaire de Séville, est légat pontifical pour la
réforme des constitutions de la Congrégation des chanoines du
Gd-St-Bernard. Il laisse un splendide témoin de sa légation :
l'exemplaire approuvé des constitutions. Cet ouvrage comprend (nous
suivons la foliotation moderne au crayon) :
1. La page de titre (fol. 1), de la main du coadjuteur Boniface (+ 1728) 2. La table des matières des Constitutions de Benoît XII (fol. 2) 3. Le début du 1er document émis par le légat (fol. 3) 4. Les constitutions que le pape Benoît XII a données aux chanoines réguliers à Avignon le 15 mai 1339 (fol. 4-42v) 5. La fin du 1er document du légat, authentifié par le notaire " Henricus Hamerbeke " (fol 42v -43v) 6. La règle de St Augustin (fol. 44-49). 7. Les constitutions et statuts de l'ordre des SS. Nicolas et Bernard de Mt-Joux (fol. 52-83v). .La table des matières des constitutions (fol 52), légèrement enluminée, contient les armes du légat, le cardinal Cervantès, ainsi que celles du prévôt Jean d'Arces.
8. Le décret de
promulgation des constitutions ou 2ème document émis par le légat, qui
comprend entre autres la copie de la lettre gracieuse qu'Eugène IV lui
a envoyée pour lui donner cette mission (fol 52-56) Le 2ème document du
légat (fol. 52-56) comprend les éléments formels suivants :
2. Son titre
cardinalice " Tituli Sancti Petri ad Vincula sancte Romane Ecclesie
presbiter cardinalis " (cardinal prêtre de la sainte Eglise romaine, au
titre de Saint Pierre-aux-liens). Chacune commence et se termine au milieu d'une des planchettes évidées de la reliure et maintient en place le sceau sur cire rouge du légat, ayant la légende suivante : " Sigillum Iohannis tituli sancti Petri ad vincula presbiteri cardinalis ". Ainsi deux documents reliés ensemble sont authentifiés séparément, ce type d'authentification est en plus très rare, ce qui donne à ce volume une valeur historique certaine non seulement pour l'histoire de la Congrégation, mais encore pour la diplomatique des légats pontificaux.
Remarquons la beauté de la reliure ; la peau de la reliure dépasse, faisant une sorte de queue avec un nœud, afin que le Prévôt puisse suspendre ce codex à sa ceinture les jours de fête pour manifester que les règles de vie doivent être portées sur soi, vécues. 4 cabochons en laiton rehaussent sa sobre beauté extérieure. Cet exemplaire approuvé des constitutions peut se ranger dans une pochette de cuir gaufré, ayant pour motifs des tulipes dont les alentours sont rehaussés de peinture rouge.
DOCUMENTS EPISCOPAUX Ils
sont dérivés des modèles de la chancellerie pontificale et,
habituellement, beaucoup plus modestes.
Restitution d'églises en 1168 (AGSB 3019) Amédée,
évêque de Sion, après avoir inquiété longtemps les frères de Mont-Joux
au sujet des églises de Martigny, et autres situées dans la diocèse de
Sion, reconnaît qu'il a commis une grande faute et, aux prières de
Pierre, archevêque de Tarentaise et d'autres ecclésiastiques, il remet
aux frères de Mont-Joux l'investiture des églises qu'ils avaient
possédées au temps de ses prédécesseurs. Fulmination d'une excommunication le 26 mai 1483 (AGSB 264) Fulmination
par André de Malvenda, chanoine et official du diocèse de Genève d'une
lettre exécutoire ou d'une lettre close du pape Sixte IV, datée du 8
avril 1483, adressée à l'abbé de St-Maurice et à l'official de Genève
pour mettre en application son contenu, c'est-à-dire excommunier ceux
qui détiennent injustement des biens de la prévôté du Gd-St-Bernard et
particulièrement les biens laissés par le défunt chanoine Humbert
Perrini. A la suite de la fulmination, au dos du parchemin (58 x 59
cm), nous pouvons lire son exécution dans diverses paroisses du diocèse
de Genève. Institution canonique, le 24 juin 1493 (AGSB 4468)
Très bel acte, suivant
la logique des lettres de la chancellerie pontificale. Nous y
reconnaissons, dans l'ordre :
Fragment de manuscrit du milieu du 11e siècle (AGSB 2565) Deux
folios tirés d'un lectionnaire. Ils contiennent 2 légendes de saints;
la 2ème est celle de St-Nicolas de Mire, soit le début de sa légende
divisé en 3 péricopes, chacune suivie du début du répons à chanter qui
est neumé. Ce document est probablement le reste d'un cahier concernant
saint Nicolas qui est mentionné dans le premier inventaire de l'hospice
effectué en 1419 (AGSB 1159, fol 2v). Ces 2 folios de parchemin (15.9 x
22.1 cm) sont encore lisibles, mais sont criblés de petits trous, qui
rappellent que durant quelques siècles ils ont servi de page de garde à
un manuscrit et que la colle de poisson qui les maintenait en place a
été mangée par de petits vers qui ont laissé des traces de leur
voracité. Décision capitulaire du 24 août 1225 (AGSB 204)
Le
chapitre réuni à l'hospice du Gd-St-Bernard décide que les frères ayant
prieuré ou administration en Lombardie qui doivent à cette maison des
rentes en blé ou en porcs ne les paieront pas en nature mais en argent
à raison de 20 écus de Suse pour un muid de blé et 8 pour un porc, sous
peine de suspense de son office, pour ceux qui ne s'acquittent pas de
leur dû. Le prévôt Pierre se dit humble serviteur des pauvres du
Mont-Joux. Convocation au chapitre datée du 8 août 1669 (AGSB 906/2)
Du
prieuré de St-Jaquême d'Aoste, le prévôt Antoine Buthod convoque ses
chanoines à se réunir en chapitre le 13 août prochain dans la maison de
St-Oyen, à 6 heures du matin. Il a signé la convocation et y a apposé
son sceau sur papier. Nomination du 14 septembre 1512 (AGSB 889)
De Thonon, le prévôt commendataire Jean de la Forêt institue son vicaire général au spirituel et au temporel en la personne du chanoine Louis Forré, cellérier de la maison du Gd-St-Bernard. Signé et scellé (sceau sur papier en bon état) par Jean de la Forêt. Comptes du cellérier de 1397 à 1398 (AGSB 1154) Comptabilité
du cellérier (ou procureur ou économe général) du Gd-St-Bernard pour
l'année 1397-1398 qui s'appelait alors Humbert Forestier plus connu
sous le nom d'Humbert d'Etoy. Il était en même temps prieur claustral
et prieur de Bourg-St-Pierre. Le texte de 17 folios (22 x 30 cm) a
souffert des mauvaises conditions de conservation qui ont rendu
l'écriture, d'ailleurs bien formée, indéchiffrable par endroits. Pour
la transcription, voir Vallesia XXVIII (1973), p. 13-35. Registre des passants (AGSB 2866/3) de 1820 à 1821 Registre
sans titre, appelé selon M. le chanoine L. Quaglia "Livre des
voyageurs" contenant les signatures, qualités et adresses des
voyageurs, leurs réflexions, poésies, etc. en diverses langues. De tels
registres étaient à disposition des passants du 19 juillet 1812 au 23
juin 1970 (36 volumes). Après cette date, ils ne sont plus
nécessairement conservés. Ce volume (19.5 x 27.5 cm) va du 27 juillet
1820 au 12 novembre 1821 et comprend 56 pages utiles. Terrier sous forme de rouleau de parchemins allant de 1396 à 1482 (AGSB 3742)
Registre de
reconnaissances contenant 12 actes notariés du 8 avril 1396 au 11 avril
1482, concernant la paroisse de Sembrancher (35 x 485 cm). Il s'agit du
" grand-père " de nos registres d'impôts. La paroisse de Sembrancher,
dépendant temporellement de l'hospice du Grand-Saint-Bernard possédait
quelques propriétés, louées à des tiers qui chaque année versaient une
partie des revenus de ces terrains à la paroisse. En plus, des
paroissiens payaient des services en nature. Le curé - chanoine du
Grand-Saint-Bernard - gardait pour lui ces revenus et pouvait en
transmettre le surplus à l'hospice. Ici, la 3ème
reconnaissance, datée du 2 mai 1455, nous apprend que Jean, fils de
Pierre Jaquin de Sembrancher, habitant Bex, reconnaît en faveur de
l'église paroissiale de Sembrancher et à son curé une aumône annuelle
d'un fichelin de seigle (mesure de Sembrancher) légué par son ancêtre
Jeannette et un autre fichelin de même légué par ses ancêtres à titre
d'aumône, ces revenus rachetables pour 12 sous, suit le paraphe du
notaire Jean de Loës. Rachetable signifie que si le locataire désire
devenir propriétaire ou faire cesser l'impôt, il doit verser la somme
convenue et la terre lui appartient. Terrier sous forme de registre de 1514 à 1531. (AGSB 1761)
Registre de
reconnaissances, contenant 82 actes notariés entre le 18 février 1514
et le 3 avril 1531, concernant la rectorie de Sion (68 fol paginés et 3
fol de tables).
Non
seulement les autorités ecclésiastiques soutenaient l'hospice du
Gd-St-Bernard, mais encore les autorités civiles. En 1177, le pape
Alexandre III confirmait à ce monastère, par un privilège (AGSB 194),
78 églises ou bénéfices répartis le long d'une ligne droite d'environ
2000 kilomètres allant de Londres à la Pouille, au sud de l'Italie.
Trois ans plus tard, l'empereur Henri VI, fils de Frédéric 1er
Barberousse, émet ce diplôme. Nous y voyons des caractéristiques
formelles des actes solennels : DOCUMENTS ROYAUX Le 18
juillet 1290, à Westminster, le roi Edouard 1er d'Angleterre approuve
une convention passée en 1274 entre sa mère Aliénore et le prieur de
Hornchurch, au sujet d'un chapelain qui célèbre les offices religieux
chaque jour dans le manoir d'Havering, proche de ce prieuré. Les 46
sous de redevance que devaient à la reine les chanoines de Hornchurch
seront affectés à ce chapelain. Il s'agit d'un acte interne au prieuré
de Hornchurch, situé dans le diocèse de Londres, qui dépendait des
chanoines du Grand-Saint-Bernard de 1159 à 1392, date de sa vente lors
de la construction du collège Sainte Marie de Wincester à Oxford. Mise en faillite, 9 juillet 1459 (AGSB 4711)
Lettre
originale du roi Charles VIII adressée au premier huissier du
parlement. Huguenin Miletot, marchand demeurant à Dijon, lui ayant
exposé que feu Jean Pilet, prieur de Val-Suzon, lui devait 4 frs et 7
gros et qu'il a fait séquestrer par le juge compétent les meubles
périssables du défunt, le roi ordonne que ces meubles soient vendus à
l'enchère, nonobstant l'appellation du prévôt Jean de Grolée, pour
solder les dettes du prieur, le surplus allant à qui de droit. Nous
relevons les détails suivants : Lettres de noblesse accordées par Louis XIV, mai 1674 (AGSB 4994) Fragment de parchemin
(57 x 9.5 cm) des lettres de noblesse accordées à Claude Texier,
capitaine général des Charrois de l'Artillerie, par le roi de France
Louis XIV. Il ne reste que le bas du document, où ne figure même pas le
nom de Texier, et au centre duquel on a collé un carré de parchemin
portant les mots " par le Roy ", et une signature avec paraphe. Un
regeste est écrit sur une partie du parchemin (7 x 9.5 cm) rabattue et
collée sur la gauche du parchemin. Il s'agit d'un don de Madame Duflon,
de Genève, en octobre 1970. A signaler la signature " Louis ", pour
Louis XIV.
Amédée V, comte de Savoie,
délivre un diplôme de protection en faveur
de l'Hospice de Mont-Joux, le vendredi avant l'Assomption 1288 (soit le
13 août), depuis sa résidence du Bourget. Sauf-conduit, 10 août 1466 (AGSB 257) Sauf-conduit délivré à Ivrée par le duc Amédée IX de Savoie en faveur de son frère François, prévôt de Mont-Joux, dans lequel il déclare que les chanoines de la prévôté sont exempts de tout droit de gabelle et de péage dans ses Etats pour tout ce qui est nécessaire au service de la prévôté.Le document débute avec le nom du duc " Amedeus dux Sabaudie... " (Amédée, duc de Savoie). La première ligne n'a rien à envier aux lettres solennelles de la chancellerie pontificale, dont nous retrouvons une partie des éléments : le nom du duc est écrit en grand, la majuscule étant particulièrement ornée. La suite de la ligne comprend de nombreuses lettres ayant des hampes surhaussées. Le sauf-conduit se termine par la date et le sceau du duc en cire rouge, dans une boîte ronde en bois. Le parchemin (52 x 35 cm), assez gondolé, nous est parvenu dans un bon état de conservation.
Confirmation d'immunités, 20 février 1676 (AGSB 318) Marie-Jeanne-Baptiste,
duchesse de Savoie, confirme les privilèges,
exemption, immunités et faveurs accordées par ses prédécesseurs depuis
1234 jusqu'en 1669, en faveur du prévôt et des chanoines du
Gd-St-Bernard. Permission de quêter, 6 mai 1574 (AGSB 2263) Berne
accorde à Pierre Yblet la permission de quêter pour le Gd-St-Bernard
pendant une année sur ses terres. L'acte est authentifié par le sceau
de Berne plaqué sur papier et bien conservé. Approbation de transaction, 2 décembre 1602 (AGSB 4655) Le
préteur (avoyer) et le Sénat de Fribourg approuvent la transaction
passée entre l'Etat, le chapitre de Fribourg et la prévôté du Gd-St-
Bernard, au sujet des bénéfices du Gd-St-Bernard situés dans le
territoire de Fribourg, le 18 août de l'année présente. Il s'agit des
derniers actes concernant les bénéfices du Gd-St-Bernard dans le canton
de Fribourg, car ils sont remis au chapitre de St-Nicolas, moyennant de
l'argent.
L'authentification de l'acte est assurée par la signature du secrétaire Antoine de Montenach et par le sceau de la ville de Fribourg, bien conservé dans une capsule de bois, appendu sur simple queue de parchemin. Le parchemin (47 x 33.1 cm) est aussi en excellent état de conservation.
Vente d'un terrain, 6 novembre 1284 (AGSB 211) Alexandre dit Clerc, de
St-Rémi (Val d'Aoste), du consentement de son
épouse Jacobée, vend à la maison des pauvres de Mont-Joux un pré situé
sous l'Echelle (la Corde) de Mont-Joux jouxtant les biens de Mont-Joux,
au prix de 50 sous de Vienne, que lui a payés le chanoine Thomas de
Vevey, sacriste de la maison de Mont-Joux. Messe fondée, début avril 1248 (AGSB 2567) Jacques des Cours (de
Curiis) donne à la maison de Mont-Joux une rente
de 12 sous assignée sur un pré et une montagne située à Vois (?) au
lieu-dit Arzey, allant jusqu'à la crête de la montagne. Il fait cette
donation pour le salut de Guillaume Turre et Benfate, épouse du
donateur. Les frères de l'hospice devront faire mémoire d'eux chaque
semaine. Testament, 12 septembre 1349 (AGSB 4556) Jaquemet Morardi, de Landrea, lègue à l'église du Gd-St-Bernard par ce testament (18 x 11.2 cm) une rente annuelle d'une quartane de seigle assignée sur une terre située à la Bastors. Les témoins sont Pierre Buffet, Melmet Boriors, Jaquemet Gerodi, Antoine fils de Perronet et Jordan de Tyma, donzel, Guillaume fils de Jean Maodi, Guillaume Buffeti et Antoine fils de Pierre Buffeti. Le notaire Jean Alays, de Ste-Foi, autorisé par le juge de Tarentaise et Maurienne et commis aux minutes de Pierre del Carro, de Hauteville, y appose son paraphe. Chanoine Jean-Pierre Voutaz, 11 avril 2004 |