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Chers amis
lecteurs,
Heureux de
vous retrouver avec le premier numéro de cette nouvelle année 2009.
Comme
lumière et encouragement pour cette nouvelle étape de vie qui nous attend,
nous avons tout d’abord les vœux de notre Prévôt Mgr. Benoît Vouilloz, vœux
aux couleurs pauliniennes. Puis nous vous proposons la belle homélie donnée
par le chanoine Jean-Pierre Voutaz en la solennité de la saint Augustin
2009, à l’hospice du Grand-Saint-Bernard : l’idéal de vie fraternelle
proposé par saint Augustin à tous ses disciples et l’appel très fort adressé
à chacun de rechercher en tout et toujours mieux, « l’amour de Dieu
jusqu’au mépris de soi -même» ; qui construit la cité du Ciel. Puis c’est la
très belle chronique publiée dans le journal la Croix par Bruno Frappat, en
hommage à Sœur Emmanuelle. Quelle belle figure pour nous éclairer et nous
stimuler sur les chemins de l’amour, de la compassion, tout au long de cette
nouvelle année !
Ensuite, je
dirais que nous sommes invités au voyage :
-
voyage sur les pas de saint Paul. Pour marquer nous aussi l’année
saint Paul, j’ai demandé à 5 confrères de nous témoigner pourquoi ils aiment
saint Paul, leurs coups de cœur pour ce témoin passionné et donc passionnant
du Christ. Les textes sont illustrés par des photos prises par José Mittaz,
lors d’un pèlerinage sur les pas de s. Paul, pour le Secteur pastoral de
Martigny, en été 2006.
-
voyage dans l’histoire : une évocation très intéressante de l’épopée
de Napoléon par un soldat acteur de la traversée du Grand-Saint-Bernard
par les armées du Consul.
-
voyage au cœur du Tibet, des luttes et des souffrances endurées par
les chrétiens de ce pays, à travers un document émouvant : le journal de
Zacharie, que nous publierons en plusieurs tranches.
-
voyage enfin, dans le monde mystérieux de la Prévôté au cours des
âges, avec un bref survol historique par notre historien Jean-Pierre Voutaz.
Et puisque nous sommes engagés dans une nouvelle étape, nous
terminons par une note de printemps : le chanoine Jean Emonet, responsable
de la communauté des jeunes en formation, nous présente les jeunes pousses
de la Congrégation et le nid qui les abrite.
Chne RM Kaelin, rédacteur
En
guise de vœux
En cette année « Saint
Paul », nombreux sont les fidèles qui ont la chance de pérégriner sur les
pas de « l’Apôtre des nations , en Turquie notamment.
Tous et chacun, nous
pouvons, sans quitter notre lieu de vie, et même notre chambre, partir en
esprit à la suite de Paul, en parcourant ses lettres, pour ouvrir nos cœurs
aux dimensions de la planète, dans un élan missionnaire de tout l’être :
« IL n’y a plus ni
Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus
l’homme et la femme, car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ » (Galates
3,28).
Tant il est vrai que
« Il n’y a qu’un seul Dieu, qu’un seul médiateur aussi entre Dieu et les
hommes, un homme : Jésus-Christ, qui s’est donné en rançon pour tous », (l
Timothée2,5).
De telle sorte que
« le dessein bienveillant de Dieu, c’est de réunir l’univers entier sous un
seul Chef, le Christ » (Ephésiens 1,1o).
Chers amis lecteurs, si vous avez
compris cela, alors,
« VOUS AVEZ TOUT COMPRIS ».
+Benoît Vouilloz
Petite
fille devenue grande soeur
(Chronique de Bruno Frappat, dans
le journal la Croix)
Cafard
Il y a
des matins, comme ça… Dehors, pluie fine mais tenace. Dedans, court dialogue
d’ascenseur, entre deux étages. « Ce matin, j’ai le cafard… » Ah bon, et
pourquoi donc ? «Sœur Emmanuelle est morte. Est-ce qu’on va retrouver des
gens comme ça ? »
Des gens « comme » quoi ? Comme qui ? Comme ça : à admirer, à aimer. Des
gens qui se donnent et des gens qui donnent. Des gens qui vous réconcilient
avec l’ensemble du genre humain. Voilà le « moment » Sœur Emmanuelle : une
présence phénoménale, extrêmement médiatique, à certains moments un peu «
too much », mais fondée sur une existence, sur des actes, on dirait des «
réalisations ». Pas sur du vent. Elle n’était pas une création de
l’audiovisuel ou de la presse. Elle avait agi avant de causer. Elle avait
œuvré avant de se montrer. Et ce dont elle parlait, elle l’avait vécu.
Ce besoin d’admirer « des gens », cette nécessité de se trouver dans
l’espèce humaine des figures qui vous rassurent, des sourires qui vous
mettent en joie, des propos qui vous requinquent, ce besoin est de toutes
les époques. Il n’y a vraiment aucune raison pour que la nôtre y échappe.
Dans la catégorie où se situait Sœur Emmanuelle il y avait eu Mère Teresa
et, bien sûr, plus près de nous, l’abbé Pierre. Et aussi Jean-Paul II, dans
un autre style. Savoir que les quatre, en si peu d’années, ont quitté le
décor, nous laissant seuls avec notre besoin d’admirer, orphelins en quelque
sorte, est évidemment troublant. Mais comment dire autre chose, entre deux
étages, avant que la porte de l’ascenseur ne se referme sur la cafardeuse :
« Mais non, il y en aura d’autres. »
Qui ? Où ? Quand ? Comment ? On sait bien que s’activent des générosités,
des cœurs vastes comme l’océan. Dans l’ombre où prolifère la misère
matérielle et où se morfond la misère psychique. Dans les favelas, les
bidonvilles, les « mouroirs », les maisons de retraite, les banlieues «
dures », les établissements « difficiles » et les quartiers où la police ne
pénètre plus, dans les déserts, dans les prisons, dans la savane, les forêts
qu’on détruit à coups de bulldozer, dans les services d’urgence, dans les
établissements pour handicapés, dans la nuit, dans le jour, sur tous les
continents, en ville, à la campagne… Partout, dès que se lève une charité
active, une solidarité que rien ne lasse, il y a des « gens comme ça ».
Tous n’auront pas la fortune médiatique de Sœur Emmanuelle ou de l’abbé
Pierre. Mais beaucoup se seront inspirés de leurs exemples, de leurs
colères, de leurs rires, de leur liberté d’être.
Moment
«
Ni le jour ni l’heure »… Assurément, le clin d’œil du destin (humour de Dieu
!) s’est révélé pour inviter Sœur Emmanuelle à disparaître moins d’un mois
avant son centième anniversaire. Elle avait prévu, à cette occasion, de
venir à Paris. Elle ne viendra pas à Paris. Pas de célébration
sensationnelle. Pas d’hommage national appuyé. Privée de dessert, en quelque
sorte. Nous avions tous préparé des numéros spéciaux, des livres, pour ce
centenaire. Il a fallu les sortir trois semaines avant la date prévue. Avec
un peu d’acrobatie éditoriale pour actualiser ce qui devait l’être. Jolie
leçon d’humilité.
Gageons que tout cela se sera fait avec sa complicité souriante. On ne
choisit pas le moment de son décès mais, tout de même, à ces âges, mourir
dans son sommeil ne relève pas du simple hasard. Il y a forcément « quelque
chose » ou « quelqu’un » qui se parle à soi-même et dit : « Allez, ça suffit
! C’est le moment, on y va ! »
Bleu
Une
formule utilisée dans le livre Mille et un bonheurs, avec Sofia Stril-Rever,
aurait dû nous mettre tous en alerte. Évoquant sa très grande vieillesse et,
forcément, l’abstinence d’usage de sa célébrité, Sœur Emmanuelle disait : «
Je ne peux plus me prendre pour Sœur Emmanuelle. » Superbe formule,
magnifique renoncement, sagesse terminale. Sans doute revenait-elle, comme
souvent à ces âges, à l’avant-Sœur-Emmanuelle. Aux temps de la petite fille
qu’elle avait été, la petite Madeleine Cinquin de l’avant-Grande Guerre.
La petite qui, âgée à peine de six ans, avait vu son père disparaître dans
la mer, emporté par des vagues excessives, alors qu’il venait juste d’être
mobilisé pour la guerre et voulait s’offrir un dernier bain.
Ainsi vieillissent les petites filles qui n’ont que trop vite grandi. Ainsi
avancent-elles en âge avec ce regard bleu, bleu de mer, bleu de nostalgie et
de tendresse, bleu délavé autant que lumineux, qui se fixe à la fois sur le
passé et sur l’avenir. Cette douceur bleue nous rappelait un livre d’enfant
d’une époque ultérieure, mais que peut-être, au lycée du Caire, elle aura eu
en mains ou feuilleté sur les rayons de la bibliothèque. Il s’appelait le
Pays bleu et racontait de jolies histoires aux enfants de six ans.
On n’en finirait pas de broder sur cette personnalité, attachante,
excessive, pleine, fascinée par la fascination même qu’elle exerçait sur ses
contemporains, sur son côté « plateau de télé », sur la foule de ceux qui,
au soir de sa mort, sont venus, sous prétexte de parler d’elle, parler
d’abord d’eux-mêmes. « Alors, vous avez connu Sœur Emmanuelle ?
Racontez-nous ça. » Et de la raconter pour mieux se glisser dans son sillage
de notoriété et de charité…
Passons là-dessus. Retenons surtout sa leçon de liberté au sein de l’Église.
Il fait finalement bon vieillir dans l’Église ! On devient non seulement
sage mais plus tendre. Nous avions connu Georges Hourdin, qui, approchant de
la centaine d’années, avait remisé toutes les prudences au vestiaire. L’abbé
Pierre ne se cachait plus derrière sa barbe pour envoyer dire ce qu’il avait
à dire à l’institution. Sœur Emmanuelle ne s’était pas embarrassée de
prudence pour écrire à Jean-Paul II que dans les bidonvilles du Caire non
seulement la pilule était parfois tolérable mais qu’elle était souvent
indispensable. Il n’avait pas répondu. Manière qu’ont les papes de laisser
dire et faire.
Mais pourquoi donc faut-il vieillir, dans cette Église, pour s’autoriser de
ces libertés ? Sans doute qu’il faut avoir fait ses preuves avant d’ouvrir
le bec. Et que la liberté ne peut naître que d’une autorité acquise par
l’action. Quelle différence avec les prudences d’antichambres, les calculs
feutrés. Oui, demain, il faudra des successeurs en charité, en amour, et en
liberté.
Bruno Frappat
OUI, aux couleurs de saint
Augustin
Chers
confrères, chers frères et sœurs,
Nous avons
entendu l’idéal de vie que saint Augustin a repris pour ses clercs : l’unité
des âmes et des cœurs tendus vers le Seigneur. Cette recherche incessante de
la face de Dieu peut faire de nous, dans le concret de nos choix quotidiens,
des amants de la beauté spirituelle. Il est saisissant de remarquer que nous
vivons bien pauvrement notre quotidien.
Depuis des
décennies, le nombre de confrères diminue progressivement. De nombreux
grands frères ont quitté ce monde pour rejoindre leur demeure d’éternité,
en route vers l’accomplissement éternel de ce qu’ils ont désiré construire
ici-bas. C’est la vie sur cette terre. Nous sommes appelés à cheminer en
cherchant la face du Dieu vivant et vrai, jusqu’au jour où Lui-même viendra
nous chercher, pour partager avec nous sa vie, sa joie, sa paix, sa lumière.
D’autres ont choisi une orientation différente de vie et nous laissent bien
pauvres. Avec une certaine douleur, nous sommes invités à respecter
profondément leurs choix. Tel un vieil arbre durant une tempête, la
congrégation semble perdre des branches, mais de nouvelles pousses nous
invitent à l’espérance.
Par une
sorte de miracle, la Providence divine nous envoie de jeunes des extrémités
de la terre. Ils nous font découvrir par leur présence la beauté de notre
vocation. Cette vie préconisée par saint Augustin invite aujourd’hui des
jeunes à tout quitter, jusqu’aux repères de leur culture pour partager notre
vie bernardine Ils ne viennent pas comme des touristes de passage, mais pour
devenir nos frères. Et nous sommes invités à devenir leurs frères.
Comment
faire pour accueillir des hommes d’autres cultures, langues, races et
nations ? Une expérience de St Augustin peut nous éclairer. En 410, Rome, le
cœur du monde, est pillée par les barbares d'Alaric. C’est le choc. La ville
éternelle est en feu, les certitudes s'écroulent. C’est la fin d’une
civilisation. Rien, ni les tombeaux des apôtres Pierre et Paul, ni les
reliques des martyrs, rien n'a protégé la Ville. Où trouver refuge,
certitude et protection ? Dans sa réflexion, Augustin élimine les causes
païennes de ce désastre et réfléchit sur le sens de l’histoire et de nos
vies. Il existe en notre âme un affrontement bien plus réel que la
destruction d’une ville, fût-elle le chef d’œuvre de l’humanité. Nous sommes
invités à vivre notre métier d’hommes et utiliser notre liberté pour choisir
ce que nous voulons construire.
Avec ses
mots, St Augustin nous dit : « Deux amours ont bâti les deux cités : l'amour
de soi-même jusqu'au mépris de Dieu, celle de la terre, et l'amour de Dieu
jusqu'au mépris de soi-même, celle du ciel » (Cité de Dieu XIV, 28).
Concrètement nous percevons la vérité de cette affirmation. Notre être
recherche son bien-être et son confort. Nous nous installons dans notre
quotidien et nous pouvons aller jusqu’à nous approprier ce qui nous est
confié. Ce qui compte, c’est souvent le « Personnellement, je, me, moi » Et
ce que nous devenons capables de construire, c’est un monde à notre mesure,
la cité de la terre, celle qui n’a pas les promesses de la vie éternelle,
qui retourne à la poussière avec un goût amer.
Et nous
entendons la liturgie de ce jour, ces appels aux beautés de la vie commune.
Par ces mots, c’est l’Eglise qui nous rappelle notre vocation, qui vient
nous inviter à aimer Dieu plus que tout pour supporter puis aimer nos
frères. Nos maisons ont de grandes églises pour nous aider à vivre notre
devise « Ici le Christ est adoré et nourri ». Nous sommes sans cesse invités
à demander au Seigneur sa grâce pour aimer nos confrères en vérité.
Il est une
vie selon l’évangile. Qui peut en vérité se proclamer Rabbi, maître de
science ou de sagesse ? Personne. Nous sommes des pauvres, redevables envers
le Seigneur. Personnellement et en communauté nous remarquons que nos forces
diminuent, parfois l’excès de fatigue et le découragement nous assaillent.
Nous risquons la suractivité et la stérilité. Nous sommes de plus en plus
des pauvres. Loin de nous décourager, cette constatation et une invitation à
croire et à expérimenter que Dieu est vivant aujourd’hui. De manière
particulière, l’absolution de nos péchés nous fait expérimenter que nous
sommes une créature nouvelle. Non seulement le passé n’existe plus, mais la
grâce nous fortifie et nous rends de plus en plus aptes à vivre notre vie
commune. La vie intérieure est appelée à grandir dans la mesure de la baisse
de nos forces. Notre mode de vie deviendra ainsi de plus en plus animé par
l’Esprit du Dieu vivant car Dieu lui-même dilate notre faculté de vivre et
d’aimer.
Le but de
notre vie religieuse est de manifester la tendresse de Dieu pour les hommes.
Les progrès spirituels se remarquent dans les détails du quotidien :
-
prendre davantage soin des biens communs que de ceux à son propre
usage,
-
vivre la fidélité aux prières communes et aux petites choses du
quotidien.
Dans la
mesure où chacun accepte ce difficile chemin de conversion, c’est la cité de
Dieu qui émerge au cœur de nos fragilités et de nos pauvretés. La vie selon
l’Esprit devient ainsi de plus en plus notre mode de vie et nous rend
capables d’accueillir dans notre communauté les frères d’autres langues,
races et cultures.
Saint
Augustin nous invite à louer le Seigneur par notre vie, donc aussi par notre
vie commune. La louange ne doit pas s’arrêter aux marches du chœur de
l’Eglise. Par ce que nous sommes et par tout ce que nous faisons, que nous
soyons des témoins de ce Dieu vivant et vrai qui nous anime. C’est Lui la
source de l’espérance, de la paix et de la joie.
« Aide-nous
Seigneur à vivre et à devenir de plus en plus des témoins de ta tendresse
pour l’humanité, dans la noble simplicité de notre quotidien. Seigneur, sois
pour nous lumière, et vie ; aide- nous à proclamer par notre vie avec le
psalmiste « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble
et d’être unis. ». Amen !
Chne Jean-Pierre Voutaz
Sur
les pas de saint Paul
Pourquoi j’aime saint Paul ?
Il n’est pas simple de répondre à
cette question parce que la Bible forme un tout. Comment privilégier un de
ses auteurs ? Chacun, à sa manière, contribue à enrichir le contenu de la
Bible. On peut dire que celle-ci est une œuvre polyphonique, où l’on chante
à plusieurs voix : la voix de Jean le théologien, la voix de Luc
le médecin lettré, la voix de David - le chantre des Psaumes dansant
devant Yahvé – et toutes les autres… et parmi celles-ci, la voix de Paul,
une voix ferme et riche, pouvant s’exprimer dans plusieurs registres.
En effet Paul emploie tour à tour le
ton rigoureux du théologien, soucieux de transmettre dans son
intégrité l’enseignement reçu directement de Jésus ; il emploie aussi le
langage chaleureux du pasteur qui aime chacun de ses fidèles, qui
sait s’attendrir, qui exhorte tout en cherchant à convaincre ; enfin et
surtout, Paul est celui qui n’hésite pas à exprimer sa foi comme une
expérience vécue, mieux encore, comme une expérience qu’il vit
continuellement : « Pour moi, dit-il, vivre c’est le Christ » (Ph
1,21) ; c’est le Christ rencontré sur le chemin de Damas, celui qui, après
l’avoir interpelé fortement « Saul, Saul, pourquoi me
persécutes-tu ? » (Act 22,7 ; 26,14), lui manifeste tout son AMOUR.
Il sent en lui une force nouvelle, un
dynamisme qui le fait courir vers le but, lequel n’est autre que le
Christ en gloire. Pour Paul, être enflammé d’amour de Dieu ne signifie pas
être indifférent aux frères. Au contraire : il suffit de reprendre son hymne
à la charité (cf 1 Cor 13,5-7) : « La charité ne cherche pas son intérêt…
Elle excuse tout… croit tout, espère tout, supporte tout ».
Dans sa lettre aux Ephésiens (cf.
3,17), il prie pour que le Christ habite dans leurs cœurs. Notons le terme
« habite » ! il ne s’agit pas d’un sentiment passager, mais d’une conviction
de foi solide, stable, si bien que les Ephésiens devront être enracinés,
fondés dans l’Amour.
Des déclarations de ce genre se
multiplient tout au long de ses écrits et cela jusqu’à sa dernière lettre
(cf. 2 Tim 1,12), écrite de la prison de Rome, d’où il sortira pour mourir
martyr. Il ne rougit pas de cette dernière épreuve qui lui donne l’occasion
de faire une ultime déclaration : « Je sais en qui j’ai cru», en
attendant « ce jour-là », le grand jour de sa rencontre définitive
avec son Jésus.
C’est donc avec beaucoup de raison que
Paul a pu dire : « J’ai été saisi par le Christ Jésus. » Quant
à nous, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre à notre compte une
telle déclaration. Mais peut-être, me permettra-t-on de conclure en
reprenant son tour de phrase : J’ai été saisi par l’homme fougueux
que fut saint Paul…. et c’est pourquoi je l’aime.
Chne Paul Bruchez
Mon coup de cœur pour saint Paul
Ce qui me touche tout
particulièrement chez Saint Paul, au delà de sa théologie si riche, c’est
son rapport au Christ. Sa relation à Jésus est vitale. A ce sujet, j’aime
beaucoup cette parole de la deuxième épître aux Corinthiens : « Je ne
veux rien savoir d’autre que Jésus-Christ, et Jésus Christ crucifié ».
A travers l’expérience du chemin de Damas, Saint Paul a compris que la foi
chrétienne n’est pas d’abord une adhésion à des principes, mais une relation
vivante avec le Seigneur. Le Christ est devenu l’horizon absolu de sa joie,
l’unique sujet de son désir. Il fait siens les mots du Cantique des
cantiques : « Je l’ai saisi, je ne lâcherai plus. » (Ct 3,4) Saint Paul a
été bouleversé par l’amour donné par le Christ sur la croix. La conscience
de la miséricorde de Dieu est en lui vive et inaltérable.
J’aime aussi le contraste
chez Paul entre sa fragilité et l’assurance de sa parole. Plusieurs indices
dans ses lettres donnent à penser que Paul n’était pas un homme qui en
imposait particulièrement par sa prestance naturelle : « Les lettres,
dit-on, ont du poids et de la force, mais sa présence physique est
sans vigueur, et sa parole est nulle. » (2 Co 10,10) Il est
pourtant tellement habité par la Parole de Dieu et par l’amour de Jésus que
sa foi devient contagieuse. Paul ne convertit pas parce qu’il est fort lui
même, mais parce qu’il accueille la force de Dieu à travers ses propres
faiblesses. Sa fragilité n’est plus obstacle, mais elle devient un
témoignage vivant et sans cesse renouvelé de la grâce de Dieu qui peut TOUT
dans celui qu’elle fortifie. « Lorsque je suis faible, c’est alors que je
suis fort. » (2 Co 12,10).
Chne Joseph Voutaz
Le monde de Paul et le nôtre
1975,
clôture du Synode de l’Eglise suisse. En conclusion d’un cours d’exégèse sur
s. Paul, donné durant cette année académique, notre professeur interroge ;
par écrit. Il nous demande de rédiger en l’espace de deux heures une 13ème
lettre paulinienne dont le cadre est ainsi posé : « Après sa visite à
l’Eglise qui est en Suisse, Paul rédige le message final d’envoi du
Synode. »
Je n’ai pas
grand souvenir du contenu de ma rédaction. Ni qu’un texte de notre volée
d’étudiants ait figuré dans les Acta du Synode ! Mais j’ai retenu ceci qui
m’a toujours fasciné : la théologie paulinienne n’est pas un exercice
d’école, rédigé dans les milieux fermés, aseptisés où l’on débattrait de cas
hypothétiques ! Les lettres de Paul sont des « écrits de circonstance »,
comme l’aurait dû être notre « message final » ; ce qui suppose ces deux
choses que Paul, lui, possédait parfaitement : une formation théologique
achevée et une connaissance intime des réalités des communautés locales.
De sa
formation théologique, Paul en parle abondamment. Il décline tout son
parcours et ses titres. Non pas à la manière des faux docteurs qui veulent
asseoir une autorité fragilisée, mais pour dire combien cela a peu de valeur
face à la découverte essentielle de Jésus-Christ, qu’une expérience forte
lui a permis de faire. Oui, Paul est chrétien. Un disciple du Christ. Un ami
du Christ. Son expérience fondamentale de la connaissance de Jésus va forger
tout un pan de sa théologie. A savoir que tous les croyants, d’où qu’ils
viennent, unis au même Christ, par un même baptême, ont en eux le même
Esprit et ne forment entre eux qu’un seul Corps dont le Christ est la Tête.
Paul
n’étudie pas un problème pour lui-même. Ses lettres sont écrites pour
répondre à des besoins précis ; pour offrir des solutions à des problèmes
concrets qui se posent hic et nunc. C’est bien le propre de la théologie que
d’éclairer la vie concrète des hommes.
Il me
semble que 35 ans après le Synode suisse l’Esprit paulinien reste d’une
percutante actualité. Il continue d’offrir une lumière combien éclairante
pour la poursuite de la marche en avant de l’Eglise qui est en Suisse.
Oui, j’aime
le projecteur que Paul braque sur l’actualité.
Sa source
est théologique et par définition lumineuse puisqu’elle s’origine dans le
Dieu de toutes Lumières.
Son effet
est pédagogique et moral ; il met en relief les repères d’un chemin
évangélique.
Son but est
théologal, voulant conduire chaque créature au Christ pour que, finalement,
tout soit récapitulé dans le Père.
Au verso de
l’image-souvenir du 15 juin 1997, j’ai inscrit le motif de mon ordination
sacerdotale :
« Pour
que resplendisse la connaissance de la gloire de Dieu qui est sur la face du
Christ ». (2 Co 4,16)
Jean-Marie Lovey
Pourquoi
j’aime saint Paul ?
Ma réponse est claire :
parce que c’est un passionné ! Paul est un amoureux ! Il a été
saisi – et il s’est laissé saisir – par Christ, comme on est saisi par
l’autre en amour ! Et comme un passionné, il se livre tout entier dans sa
parole… ou plutôt, il nous livre dans sa parole (comme le prêtre dans
l’Eucharistie !) Celui qui le passionne, Celui pour lequel il ne cesse de
risquer sa vie : « A cause de Lui, j’ai tout perdu ; je considère tout
comme des balayures, en vue d’un seul avantage, le Christ » (Ph
3,8). Ce Christ, il n’a de cesse de Lui laisser toute la place en lui :
« Je suis crucifié avec le Christ ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le
Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).
Ce que je voudrais
retenir de son message, de cet « Evangile » qu’il annonce à temps et à
contre temps (« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » 1 Co
9,16), et pour lequel il ira en prison, pour lequel enfin il mourra, c’est
un verset de sa 2ème Lettre aux Corinthiens :
« Nous vous en
supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui
n’avait pas connu le péché, Il l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous
devenions justice de Dieu. » (2 Co 5,21)
« Il l’a fait
‘péché’ pour nous !» : Il l’a identifié au
‘péché’ ! Je ne cesse d’être, depuis longtemps, profondément bouleversé par
cette folle confidence ! Et je ne suis pas sûr d’avoir encore mesuré ce que
cela signifie pour moi, parce que je n’ai pas encore pris la mesure de mon
péché… Dieu a rendu son Fils unique et bien-aimé solidaire de mon péché, le
prenant véritablement sur lui, s’en revêtant en quelque sorte, -
comme nous avons « revêtu Christ », dira par ailleurs saint Paul. Ce
qui a fait dire à un Père du Désert : « Tu as vu ton péché, tu as vu ton
Dieu ! ». Folie du message de la Croix, qui nous dévoile jusqu’à quelle
profondeur Dieu, en son Fils, a plongé pour nous saisir et nous sauver. « Le
langage de la Croix », expression de la folie d’un Dieu Amoureux : je crois
que c’est ce langage qui a, sur le Chemin de Damas, retourné complètement
Saul, le pharisien impeccable et imbu de lui-même. Et si le Seigneur ne l’a
pas délivré de cette « écharde dans la chair », qui le faisait tant
souffrir, ce fut, providentiellement, pour que jamais il n’oublie que
tout en lui est grâce : « Ma grâce te suffit – s’entendra-t-il proclamé
au lieu-même de sa faiblesse ! – car la puissance se déploie dans la
faiblesse » (2 Co 12,7-10).
Finalement, j’aime
saint Paul pour cette assurance qu’il me communique : « Oui, j’en ai
l’assurance (…) rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Rm 8,38-39).
Bernard Gabioud
« Pourquoi
j’aime saint Paul ? »
Et vous,
chers lecteurs, pourquoi aimez-vous vos enfants, amis ou parents… ? La
question est plutôt embarrassante, car plus nous aimons, plus il est
difficile d’en expliquer le pourquoi !
Aimer est
une dynamique de vie, un engagement de tout l’être humain qui offre à Dieu
l’espace nécessaire afin que Lui puisse aimer à travers nous. S’il en est
ainsi, je me dois alors de reconnaître simplement que je suis aimé de Paul !
Sa personnalité enthousiaste – au sens étymologique du mot – me met en
présence du Christ Jésus « qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga
2,20). Sainte Thérèse d’Avila semblait vivre la même expérience lorsqu’elle
disait de l’Apôtre : « On eût dit que Jésus lui sortait toujours par la
bouche, tant il le gardait présent en son cœur. » (Autobiographie 22,7)
Oui, c’est
vrai, la fréquentation des Lettres de l’Apôtre m’apprend à me laisser aimer
par le Christ et je reconnais en Paul un modèle qui me souffle le même
enthousiasme : me perdre en Jésus afin de me donner à tous. « C’est ainsi
que moi-même je m’efforce de plaire à tous en toutes choses, en ne cherchant
pas mon avantage personnel, mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils
soient sauvés. Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ. »
(1 Co 10,33-11,1)
En ne
cherchant pas son avantage personnel, Paul s’est fait solidaire de tous,
grâce à son enracinement en Jésus : en acceptant de tout perdre pour gagner
Christ et être trouvé en Lui (Ph 3,7-9), Paul m’a donc aussi aimé en
oeuvrant réellement à mon salut… C’est assez fou d’en prendre conscience,
mais n’est-ce pas cela le langage de la croix qui est folie pour ceux qui se
perdent dans leur propre moi, mais qui est puissance de Dieu pour ceux qui
sont en train d’être sauvés ? (cf. 1 Co 1,18)
Pour
traverser l’échec en nos existences et ne pas nous dérober devant les défis
qui nous mettent en crise, le langage de la croix est peut-être la seule
Parole d’espérance qui puisse nous donner d’avancer : elle ne déçoit pas,
nous dit l’Apôtre, tant elle est habitée par l’Esprit qui répand en nous la
force d’aimer et donc de vivre (cf. Rm 5,5).
Quel
est-il ce langage de la croix ? Si Jésus avait construit sa vie sur la
recherche du pouvoir, l’appât du gain et le culte idolâtrique du moi, sa
crucifixion aurait à jamais ruiné son message. Mais si au contraire, le
langage de la croix nous enseigne que le chemin de vie consiste à se donner
soi-même, c’est-à-dire en s’inscrivant comme présence d’amour en chaque
événement de l’existence, alors Jésus nous livre une Bonne Nouvelle
qu’aucune tribulation ne saurait anéantir.
« Que
dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas
épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment, avec son
Fils, ne nous donnerait-il pas tout ? Qui nous séparera de l’amour du
Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le
danger le glaive ? Mais en tout cela, nous sommes les grands vainqueurs par
celui qui nous a aimés. » (Rm 8,31…37)
J’apprends
donc à aimer Paul en me laissant sauver par le Christ. Et le salut consiste
simplement à laisser Jésus inscrire sa présence d’amour en mon humanité afin
que pour moi aussi, vivre ce soit Christ !
Chne
José Mittaz.
Une fois
de plus…. Napoléon !
Tout le
monde connaît l’épopée napoléonienne avec son passage au Col du Grand-Saint-Bernard,
en mai 1800.
Voici,
sous la plume d’un témoin qualifié, un récit qui ne manque pas de
pittoresque et jette une lumière sympathique sur notre Hospice au cœur de
cette aventure.
Merci à Monsieur
François Giannada qui m’a fait connaître cet ouvrage.
+Benoît
Vouilloz
AUX VIEUX DE LA VIEILLE
Souvenirs de
J-R. COIGNET
Extrait de
Soldat de la 96 demi-brigade
Soldat et sous-officier au
1er régiment des
grenadiers
pied de la garde Vaguemestre
du petit et du grand quartier
impérial Capitaine d’état-major
en retraite
PREMIER CHEVALIER DE
LA LEGION D’HONNEUR
Officier du même ordre
1851 IDL
On démonta
notre petit parc et l’on mit nos trois pièces de canon dans des arbres
creusés en forme d’auge. Au bout, il y avait une grande mortaise pour
adapter un levier qui servait de gouvernail. Eu avant, un câble se trouvait
fixé, et à ce câble, des traverses de bois. Chaque pièce devait être tirée
par vingt grenadiers, et vingt autres portaient le bagage de ceux-ci. Un
artilleur commandait le détachement, sur lequel il avait l’empire le plus
absolu. La pièce lui était confiée: on devait obéir à ses moindres gestes.
Avant de
partir on nous donna des souliers neufs et une provision de biscuits. Nous
les attachions avec une corde et nous les pendions à notre cou, comme un
chapelet, ce qui était très gênant.
Le consul
installé à Saint-Pierre veillait à tout.
Nous nous
mîmes en route le matin au petit jour. J’étais un de ceux qui traînaient les
pièces de canon et je me trouvais le premier de l’attelage, à la première
traverse du côté droit; c’était le côté le plus périlleux, celui des
précipices.
Rien de
plus pénible que notre voyage. Toujours monter par des pentes horribles, et
des sentiers très étroits. Les pierres coupaient nos souliers. De temps en
temps on s’arrêtait, puis on marchait de nouveau ; personne ne disait mot.
Quand nous
arrivâmes aux glaces, ce fut bien pis encore. Notre canonnier n’était plus
maître de sa pièce. A chaque instant, elle glissait vers les ravins et il
fallait s’arrêter, pour la remettre dans la bonne voie. Sans l’exemple de
notre chef, nous aurions perdu courage.
Nous fîmes
une lieue de cette façon, après quoi nous nous arrêtâmes pour mettre de
nouveaux souliers, à la place des nôtres qui étaient en lambeaux, et pour
casser un morceau de biscuit. Comme je détachais la corde qui suspendait les
miens à mon cou, voulant en prendre un et le manger, la corde m’échappe et
toute ma provision dégringole dans le précipice. Quelle douleur pour moi de
me voir sans pain! et cependant mes compagnons se mirent à rire comme des
fous. Allons, dit notre canonnier, il faut faire la quête pour mon cheval de
devant. Chacun accueillit cette proposition, et me donna un biscuit. De
cette manière je me trouvai plus riche qu’auparavant et la joie reparut dans
mon coeur.
Nous
atteignîmes les neiges éternelles. Là, nous étions mieux, notre canon
glissait légèrement, nous allions plus vite. Le général Chambarlhac vint à
passer et voulut encore faire allonger le pas. Il s’approcha du canonnier et
prit le ton de maître. Il fut mal reçu. Ce n’est pas vous qui commandez ici,
répondit le canonnier. C’est moi qui suis responsable de la pièce, et qui
seul la dirige. Passez votre chemin.
Malgré ces
paroles, le général s’avança comme pour saisir le canonnier. Général,
s’écria celui-ci, si vous ne vous retirez pas, je vous assomme d’un coup de
levier ou je vous jette dans le précipice !... Chambarlhac crut prudent de
passer son chemin.
Nous
arrivâmes avec des fatigues inouïes au pied du couvent. La montée qui y
aboutit est fort rapide, et là nous vîmes que des troupes nombreuses avaient
passé avant nous. Le chemin était frayé et l’on avait formé des espèces de
marches pour monter jusqu’à l’hospice. Nous y entrâmes, et nous y déposâmes
nos trois pièces de canon.
Nous fûmes
reçus par ces hommes dévoués à l’humanité, qui passent leur vie à secourir
les malheureux égarés dans la montagne ou entraînés par les avalanches. Ils
nous donnèrent du pain, du fromage de gruyère, du vin. Ils nous installèrent
dans de grands corridors très larges, enfin ils firent pour nous tout ce qui
dépendait d’eux. En les quittant nous leur serrions la main, et nous
embrassions leurs chiens, qui à leur tour nous caressaient comme s’ils nous
eussent connus de longue date. Pour moi je ne peux trouver, dans ma faible
intelligence, d’expression assez forte pour témoigner la vénération que je
porte à ces hommes de Dieu.
Le
Journal de Zacharie
Présentation
du document et de Zacharie
Né à
Bahang, près de la frontière tibétaine, en l90l, Zacharie est Loutze
d’origine, mais de culture tibétaine.
Enfant, il
connut le Père A. Génestier qui le baptisa. Par la suite, il reçut une
formation de catéchiste et seconda efficacement les Pères qui évangélisaient
dans le bassin du Salouen.
Lors des
purges communistes, pour sauver sa vie, il s’enfuit vers le Tibet et la
Birmanie.
En l960, il
arriva à Taiwan et eut des rapports plus fréquents avec les chanoines du
Grand-St-Bernard qu’il avait connus dans les Marches Tibétaines.
En l976, il
vint vivre à Hsincheng, puis à Tienhsiang, auprès des Pères du
Grand-St-Bernard.
De retour
dans son pays natal en 1989, secondé par ses nombreux enfants et
petits-enfants, il oeuvra efficacement au renouveau de l’église catholique
locale.
Il
s’endormit paisiblement dans le Seigneur le huit octobre 2004, à l’âge de
l03 ans.
En l957,
lorsque Zacharie fut contraint de quitter son pays, il mit par écrit les
principaux faits.
En l960, en
Birmanie, à Rangoon, tandis qu’il attendait son visa pour entrer à Taiwan,
il rédigea son journal, auquel il ajouta un mot d’introduction et de
conclusion en l965.
Avec l’aide
de son cousin Messie et de son fils Joseph, j’ai rédigé la traduction
française de son journal.
Chanoine Gabriel Délèze.
JOURNAL DE ZACHARIE
(décembre 1957 – mai 1960)

Préface
De ma propre main, j’ai
écrit ce que j’ai vécu depuis décembre l957 jusqu’au 24 mai l960. J’ai
exposé ce qui s’est passé dans mon pays, les peines et les joies que j’ai
connues durant ma fuite en quête de la liberté ainsi que, lorsque j’étais en
très grandes difficultés et au bord du désespoir, comment j’ai reçu d’une
façon merveilleuse le secours du Seigneur et l’aide des Pères.
Juillet l965, Zacharie,
un catholique tibétain.
I. Contraint de participer à
une réunion organisée par les communistes.
Mon récit commence en
décembre 1957. J’étais en train de réparer une maison dans le village de
Dimaluo. Un commissaire chinois, cadre du parti communiste, vint me trouver.
Il me demanda d’arrêter immédiatement mon travail et de me rendre sans
tarder à Bijiang (l.) afin de participer à l’assemblée des délégués du
peuple. Comme c’était impossible de refuser, avec Ado de Bahang (2.) et Bene
de Chuni (3.), nous nous rendîmes ensemble à Bijiang afin de prendre part à
la réunion.
A Bijiang résidait un haut
fonctionnaire appelé « gouverneur de la région ». Il avait cinq
circonscriptions sous ses ordres. Deux à trois fois par année, il réunissait
les délégués des diverses circonscriptions. Cette fois, le sujet de la
réunion était : « comment résoudre les problèmes restés en suspens ? »
Lorsque nous, les trois représentants de Kongshan, sommes arrivés à Bijiang,
tous les autres délégués étaient déjà présents.
Lors de la séance
d’ouverture, le gouverneur de la région fit un rapport circonstancié sur le
but de la réunion. Il dit : « Cette année, nous commençons à appliquer les
principes communistes. Il faut rejeter tous les mauvais usages et coutumes
des temps passés. Il faut se débarrasser de tout ce qu’a enseigné le
Kuomintang, - Parti Nationaliste Chinois -, car il imite la façon de faire
des étrangers. Il faut se laver le cerveau et, dorénavant, aller de l’avant
selon les directives indiquées par Mao Zedong. Voici ce qu’il faut changer
: les dimanches, catholiques et protestants doivent cesser de chômer et
participer pleinement à l’effort de production. De même, les religions
populaires doivent abandonner leurs fêtes qui durent trois à quatre jours.
Il faut arrêter également d’organiser ces somptueux banquets de mariage qui
ne sont que gaspillage d’argent, de nourriture et de temps de production.
Les terrains cultivables et les animaux domestiques doivent être mis en
commun afin de constituer des communes populaires. Simultanément, jours et
nuits, il faut préparer des rizières et creuser des canaux. Quant aux
vieillards et aux enfants, comme ils ne sont pas aptes à faire de lourds
travaux, on leur demandera d’aménager des jardins près des habitations et
d’y cultiver des légumes. Ils ramasseront également les crottes de mulets et
les bouses de vaches pour en faire de l’engrais. Si quelqu’un prétend
qu’après avoir institué les communes populaires on sera dans la misère et
qu’on n’aura plus assez à manger et à boire, ou si quelqu’un parle en mal du
communisme, ces réfractaires, il faut les arrêter et les soumettre au
jugement populaire. Quant à ceux qui se révolteraient, les lois et les
consignes reçues nous demandent de les fusiller. »
Alors, j’ai pensé en
moi-même : En ce bas monde, y a-t-il quelqu’un qui serait d’accord, pour
créer des coopératives de production, de mettre en commun ce qu’il a
péniblement économisé en travaillant dur et en vivant simplement durant de
nombreuses années ? Ces directives politiques des communistes consistent à
mettre les agneaux devant la bouche des loups.
L’assemblée des délégués du
peuple dura une dizaine de jours, mais aucune des questions soulevées par
les délégués ne fut débattue. Il s’agissait uniquement d’absorber la
propagande des communistes. Quelques députés protestants et nous trois
délégués de Kongshan avons posé la question suivante : « ne serait-il pas
mieux d’agir ainsi : le dimanche matin, nous nous réunissons pour la
prière ; l’après-midi, nous participons aux travaux collectifs ? » Les
communistes esquivèrent la question. Finalement, la séance de clôture se
déroula le jour du nouvel an chinois.
Sur le chemin du retour,
chaque jour nous rencontrions deux ou trois personnes qui avaient les bras
liés comme des malfaiteurs et qui étaient emmenées par les gardes rouges. De
même, dans les villages où nous nous arrêtions pour passer la nuit, nous
voyions les villageois se réunir et accuser les habitants dont le niveau de
vie était un peu meilleur. Dans chaque village, on n’entendait plus que la
rumeur assourdissante des jugements populaires.
En arrivant au pont de
corde de Pongdang, nous rencontrons Adjrou, - He Zhengxiang -, et Jean, le
fils de Simon de Qiunatong, - Kionatong -. Liés comme des voleurs, ils
étaient emmenés par les gardes rouges. J’ai pensé alors : « Adjrou est un
brave homme. Habituellement, à Bahang, il enseigne le catéchisme aux
enfants. Il a étudié au séminaire et désire devenir prêtre ; aussi a-t-il
été enchaîné. A ma connaissance, il n’a jamais parlé en mal des communistes,
cependant il a été arrêté ; c’est étrange !
En arrivant chez moi, on me
dit que, quelques jours auparavant, Adjrou et quelques jeunes de Bahang ont
été convoqués à Dara (4.) pour participer à une réunion. D’après les
ouï-dire, ils devraient revenir ce soir même à Bahang.
l. Bijiang
est une localité située entre Liuku et Fugong, à une heure de marche
au-dessus du pont sur le Salouen. C’était alors le chef-lieu de la région
autonome du Nujiang. Pour aller de Dimaluo à Bijiang, il fallait une
semaine de marche.
2. Ado
était autrefois l’intendant du Père André à Bahang, - Baihanluo -.
3. Bene ou Dide, - Benedite, Benoît -, de Chuni près de
Dimaluo, était un ancien élève du probatoire de Hualuopa.
4. Dara, -
dala -, était alors le chef-lieu du district de Kongshan.
La
suite dans le prochain numéro...
Le « Prévôt » du Grand-Saint-Bernard
Depuis plusieurs mois,
la Congrégation des chanoines du Gd-St-Bernard mûrit dans la prière le choix
de son Prévôt. A cette occasion, il semble opportun de présenter ce mot de
« Prévôt » et la réalité à laquelle se réfère ce nom au cours du temps.
Prévôt,
vient du latin Prae-positus, celui qui est placé, posé (positus) devant (prae)
une autre personne. Il existait en France des prévôts civils : du percepteur
d’impôts à l’officier de police en passants par le juge royal subalterne.
Avec la Révolution, le mot est tombé en désuétude mais il est resté en usage
au Canada pour désigner actuellement le chef de la police militaire, c’est
le Prévôt général des forces armées. Dans l’Eglise, ce mot désigne celui qui
préside un chapitre de cathédrale et parfois le supérieur d’un ordre
religieux.
Pour le
Grand-Saint-Bernard, le Prévôt devait être à l’origine - dès les années 1050
- le premier dignitaire après le Prieur, le Prieur étant celui de
Bourg-Saint-Pierre. En effet, saint Bernard (vers 1020-1081/86) a refondé le
monastère de Bourg-St-Pierre, détruit un petit siècle plus tôt par des
invasions de Sarrasins, son originalité étant de bâtir, au sommet du col du
Mont Joux, un Hospice qui porterait plus tard son nom. Le Prieur aura remis
la direction de l’Hospice à son second, appelé le Prévôt. Cette manière de
vivre est confirmée par la formule d’adresse au destinataire d’anciens
documents pontificaux. On y lit « à notre fils bien aimé le Prévôt du
Mont-Joux et à tout son convent… étant placés sous le gouvernement ordinaire
du Prieur ». L’Hospice prenant rapidement de l’importance, son supérieur en
prend aussi et devient le Supérieur de l’ensemble des maisons. Cette
évolution était déjà achevée en 1177, année où Bourg-Saint-Pierre est
mentionnée au nombre des propriétés de l’Hospice. Le Prévôt résidant
rarement à l’Hospice, on y établit un prieur pour le remplacer. Le premier
connu est mentionné en 1222.
Depuis
lors, le Prévôt conserve en titre l’Eglise de Saint-Nicolas de Mont Joux,
celle du Gd-St-Bernard, c’est le cas d’Aman, premier que nous connaissions,
mentionné en 1127. Depuis les origines, les chanoines et le Prévôt
dépendaient de l’évêque de Sion tant pour leur organisation interne qu’en ce
qui concerne leurs activités dans son diocèse. Le 17 octobre 1250, Falcon,
12ème Prévôt, signe un concordat avec l’évêché au sujet des
paroisses. Au moment de son élection, le Prévôt faisait un serment
d’obédience à l’Évêque et recevait en contre partie charge d’âmes pour les
églises desservies par la Congrégation, avec la faculté de déléguer des
chanoines comme curés et vicaires.
Aymon
Séchal, 19ème Prévôt (1374-1393) est patriarche de Jérusalem en
1385. Il a probablement pris part à la croisade contre les Turcs pour
défendre les Arméniens. Il démissionne de la Prévôté en 1393 pour devenir
administrateur du diocèse de Lausanne, puis archevêque de Tarentaise
(1397-1404). Sa croix processionnelle archiépiscopale, il l’a donnée à
l’Hospice, probablement par testament. C’est un joyau, avec un Christ du 11ème
siècle et sur le revers une centaine de pierres précieuses. Lors des
processions, la croix était devant le patriarche, le Christ le regardait et
les joyaux étincelaient de l’autre côté, invitant les fidèles à percevoir
déjà en ce monde quelque chose de la beauté de la gloire de Dieu. C’est une
espèce de mise en scène du proverbe « per Crucem ad Lucem », par la Croix, à
la Gloire, soit l’invitation à accepter à la suite de Jésus nos croix. Notre
quotidien tel qu’il est, c’est l’unique lieu de rencontre avec Jésus. En
l’acceptant amoureusement, avec ses contrariétés, nous savons que nous
sommes sur le chemin qui nous conduit à la gloire du Ciel. Cette croix,
c’est un catéchisme en lumière.
En 1411,
la Prévôté obtient le droit de l’exemption, c'est-à-dire que pour tout ce
qui concerne son organisation interne, elle ne dépend plus de l’évêque de
Sion, mais directement du Saint-Siège. Ce droit, confirmé de manière
définitive en 1453, s’explique entre autres par le fait que les chanoines
étaient présents dans un grand nombre de diocèses et qu’il était plus simple
de n’avoir qu’une autorité de contrôle pour son organisation plutôt que
l’évêque de Sion et les évêques de chaque lieu d’implantation. C’est encore
le régime actuel.
De 1451 à
1752, les ducs de Savoie interviennent dans la nomination des Prévôts. Ils
font nommer des gens qui tirent des revenus de cette fonction sans se
soucier habituellement de l’accueil des passants à l’Hospice. Aussi
résident-ils habituellement auprès de la Cour de Savoie. Le plus jeune
prévôt de l’histoire, tant par sa nomination que son décès, s’appelle Louis
de Savoie. Fils du duc Philibert II, il est nommé 24ème Prévôt en
1491, à l’âge de trois ans. Il est mort assassiné par un de ses serviteurs
trois ans plus tard à l’âge de six ans. Aussitôt ses parents font nommer son
frère Philippe à ce poste, il avait quatre ans… Le Concile de Trente
(1545-1563) met de l’ordre dans l’Eglise et donc aussi dans la nomination
des Abbés réguliers. Aussi le premier prévôt d’après le Concile, André de
Tillier (1587-1611) est-il déjà prêtre et chanoine régulier. Avec ses
successeurs, ils vont se soucier de la vie et de l’accueil des hôtes au col
du Gd-St-Bernard. Ils résident habituellement à Aoste. Le Prévôt Roland Viot
(31ème) écrit une biographie de St-Bernard, commande le
tabernacle de l’Eglise actuelle, un reliquaire, la grande croix gothique
ainsi qu’un lit à son usage pour l’hospice. Cela marque un retour des
Prévôts à la vie religieuse.
En 1752,
au prix des religieux et de toutes leurs propriétés sur les Etats de Savoie,
les chanoines du Gd-St-Bernard obtiennent de nouveau de droit d’élire
librement leur Prévôt et ils choisissent François Bodmer (1753-1758) comme
supérieur général, c’est à ce jour le seul Haut-Valaisan à ce poste. La
résidence des Prévôts en ville d’Aoste étant passée à l’Ordre des saints
Maurice et Lazare, il fixe sa résidence à Martigny. En 1869, le Prévôt
Pierre-Joseph Deléglise se rend à Rome pour participer au premier Concile du
Vatican. Les procédures administratives pour justifier sa fonction sont si
laborieuses que le Concile est interrompu avant que le Prévôt ne puisse y
siéger. En 1888 est élu prévôt Théophile Bourgeois, qui exercera sa fonction
durant 51 ans, record absolu de longévité au gouvernement de la
Congrégation. En 1923, le pape Pie XI proclame saint Bernard patron des
Alpinistes et des habitants de la montagne. En 1933, Mgr Bourgeois envoie
des missionnaires aux confins de la Chine et du Tibet pour y construire un
hospice. En août 1938, il célèbre ses 50 ans d’abbatiat. A cette occasion,
le pape lui envoie ses félicitations et sa bénédiction via son secrétaire
d’Etat le cardinal Pacelli, élu pape sept mois plus tard (Pie XII).
Depuis
janvier 1992, c’est Mgr Benoît Vouilloz qui préside à la charité dans la
Congrégation. Il est le 51ème Prévôt et abbé général du Grand-Saint-Bernard.
Arrivé à l’âge de 70 ans, il a été invité par notre droit (les
« constitutions ») à présenter sa démission à ses confrères. L’assemblée
générale des chanoines peut la refuser, dans ce cas, ce dernier est invité à
poursuivre son office pour cinq ans. Si l’assemblée l’accepte, il faut lui
élire un successeur. C’est pour chacun une invitation à prier afin que le
Seigneur éclaire les électeurs et nous invite à poursuivre notre route dans
la paix et l’espérance.
Chne
J-Pierre Voutaz.
Nos jeunes
en formation
Ils sont
aujourd’hui au nombre de trois: Alberto Zambrano du Pérou; Jacques Tran du
Vietnam; Joseph Yang, prêtre, de Chine.
Durant les
5–6 ans de leur formation (postulat, noviciat, vœux temporaires, vœux
définitifs…) ils rejoignent divers lieux et sont accompagnés par un confrère
prêtre,
La période
universitaire se vit à Fribourg. Nous logeons au Salesianum, grande
bâtisse appartenant aux Evêques suisses, qui offre vie communautaire,
chambre et pension à une quinzaine de séminaristes et prêtres, une
cinquantaine d’étudiants (tes) inscrits dans les diverses facultés
universitaires (théologie, lettre, droit, sciences sociales, médecine…etc.).
Ces étudiants viennent de tous les continents, sont de religions diverses,
et ont en commun le désir de vivre ensemble dans le respect des personnes,
la joie du partage, et la recherche spirituelle pour quelques uns.
Là nous
célébrons l’office chaque jour, nous partageons l’eucharistie, nous
découvrons nos charismes, nous vivons l’œcuménisme avec d’autres frères
chrétiens (orthodoxes, protestants, évangéliques…), ou simplement échangeons
nos talents musicaux ou artistiques.
Là nos
étudiants exercent leur capacité relationnelle, aiguisent leur caractère,
témoignent de leur amour pour le Christ, apprennent à servir et à s’enrichir
des différentes cultures.
Ils suivent
les cours de l’Institut de la Formation aux Ministères (IFM) ou ceux
de la faculté de théologie, au gré de leurs intérêts.
Durant les
périodes de vacances universitaires ils se retrouvent dans les Hospices du
Simplon et du Grand-St-Bernard, parfois en paroisse, pour s’exercer à
l’hospitalité, au témoignage de la foi, au ministère qu’ils partagent avec
leurs confrères. Moments d’approfondissement de la vie communautaire dans la
Congrégation, de rencontres plus approfondies avec les confrères, de vie
active et contemplative à la suite de S. Augustin, dont ils s’initient à la
règle. Ils vivent des rencontres différentes de celles des études: celles
des touristes, des paroissiens, des jeunes… etc.
La
formation de nos frères comprend donc deux lignes complémentaires:
- le
projet de donner sa vie en totalité au Christ Jésus, dans la prière, le don
de soi, le service de la liturgie, le silence … à l’intérieur d’une
communauté de vie;
Et
- une
formation humaine à la vie communautaire et au témoignage jointe à une
formation intellectuelle qui permet de mieux connaître la révélation et la
parole de Dieu. Ainsi peuvent-ils apprécier combien Dieu est merveilleux
dans son amour pour les hommes, combien la mission de Jésus dans le monde
est essentielle pour chacun, combien leur vocation est importante et fait la
joie de Dieu.
Ces
derniers mois ont été parsemés de joies particulièrement profondes :
ils ont vu
la profession simple de Jacques à l’Hospice du
Grand-St-Bernard le jour de la fête de Saint Augustin: pour trois ans
Jacques poursuit son engagement dans les voeux de chasteté, pauvreté et
obéissance, au sein de notre communauté;
l’entrée
au noviciat de Joseph le 14 septembre à Martigny: prêtre et
novice, Joseph découvre la vie communautaire à laquelle il aspirait;
et les
voeux perpétuels d’Alberto le 11 octobre à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard
au cours d’une célébration joyeuse et intime, à laquelle participait son
frère, sa cousine, les amis de l’IFM et d’autres, et ainsi que de nombreux
confrères.
Ces
engagements, oeuvre de l’Esprit de Dieu joint à la liberté accueillante de
ces frères, nous ont stimulés. Un élan nouveau se manifeste dans notre vie
de prière et d’apprentissage à la vie communautaire, qui est enrichie par
les différences culturelles de la petite communauté en formation. Les heurts
inévitables font place à une communion profonde et nous invitent à une
meilleure connaissance de soi et de l’Eglise universelle. Il n’y a que le
Christ qui puisse soutenir dans la communion et l’unité des cultures aussi
anciennes et diverses et ce n’est qu’en suivant le Christ que nous la
réalisons à notre niveau dans la joie.
Aujourd’hui Joseph poursuit son noviciat tout en suivant quelques cours de
théologie à l'université, bien qu’il ait suivi toute sa théologie en Chine
où il fût ordonné prêtre il y a trois ans; Jacques a commencé la première
année de théologie et Alberto suit les cours à l’Institut de la Formation
aux Ministères, en seconde année. Tous trois sont heureux et en “bonne
santé” physique et morale. Un cadeau de Dieu qui nous engage dans l’action
de grâce.
Jean
Emonet.
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