2011/3
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Année 2011 - Numéro 3
Revue " Mission du Grand-Saint-Bernard"

Editorial

Chers amis lecteurs,

Ce numéro 3 de notre Revue bernardine , dans sa plus grande partie, rend hommage à notre cher confrère Alphonse Berthousoz, décédé le mardi 24 mai.
Puis Mgr Joseph Roduit, abbé de Saint-Maurice, nous présente, de façon détaillée, les activités de l’Eglise en Suisse pour soutenir les œuvres misssionnaires (Missio – Suisse).Pour notre Revue, l’abbé Adrien Cishugi Kalanga, au moment de rentrer dans son pays du Congo, après un long séjour pastoral dans le secteur paroissial de Martigny, nous avait proposé un article plutôt critique «sur la manière dont les campagnes du dimanche de la Mission sont organisées et sur le quotidien de notre ministère sacerdotal »., (Regard sur la mission, dans Mission du Grand-Saint-Bernard, 1.2011, pages 14-17) Dans un souci de dialogue et non pas de polémique vaine, Mgr. Roduit apporte des précisions lumineuses sur les vrais objectifs de Missio-Suisse.
Deux autres articles seront publiés dans les numéros suivants sur le même thème.
Pour terminer, un petit parfum du dimanche de la Mission universelle, célébré dans nos églises le dimanche 23 octobre. Je vous partage deux textes du dossier de Missio –Suisse pour cet événement :
le message aux catholique de Suisse, par Mgr. Pablo Schmitz Simon, vicaire apostolique de Bluefields.
La prière du Nicaragua, écrite par nos frères et sœurs du même diocèse de Bluefields.
Si vous recevez ce numéro après le 23 octobre, v ous pourrez encore lire et méditer avec profit ces deux documents…
Que la lecture de ce numéro ravive votre flamme missionnaire et, grâce à la belle figure de notre cher chanoine Alphonse Berthousoz, qu’elle fortifie votre attachement à notre famille religieuse bernardine !

Chanoine René-Meinrad Kaelin, rédacteur


En hommage au chanoine Alphonse Berthousoz

Dans la reconnaissance d’avoir partagé quelques pas ou davantage du chemin du

Chanoine Alphonse Berthouzoz
7 déc. 1922 – 24 mai 2011

nous le confions à l’accueil miséricordieux du Père.
Entré au noviciat des chanoines du GSB, le 15 sept. 1943 il fit profession religieuse le 21 oct. 1944 fut ordonné prêtre le 18 juin 1950. Pendant 12 ans vicaire de Vouvry il marqua de son enthousiasme une génération de jeunes. Puis il fit découvrir la mesure de ses dons par l’hospitalité, à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard pendant 22 ans. Nommé prieur de Bourg-Saint-Pierre en 1984, il y resta 24 ans, alliant avec bonheur sa charge pastorale et le sens de l’accueil. Alors touché dans sa santé en juin 2008, il dut être hospitalisé avec un handicap durable auquel il consentit avec simplicité. Il passa les 3 dernières années de sa vie à la Maison St-Bernard à Martigny, poursuivant jusqu’au bout son ministère de dispensateur des fruits de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bienveillance, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi (Gal. 5,22)

L’Accueil par Mgr. Jean-Marie Lovey, Prévôt de la Congrégation

Chère famille d’Alphonse Bethouzoz, Vous, ses frères André, Antoine, Maurice, Vous, ses neveux et nièces, Chers membres de sa famille humaine et religieuse, Chers confrères, Vous ses nombreux amis, Je voudrais vous accueillir chaleureusement et simplement, comme le faisait de façon inimitable et incomparable, Alphonse. Mais précisément, non seulement il était inimitable, mais aussi Alphonse était aussi quelqu’un d’intarissable. D’abord par sa manière d’être. Il aimait parler, raconter, dire, expliquer. Il parlait d’autant plus qu’il était devenu dur d’oreille, et cela depuis très longtemps. Avec lui, il y avait toujours des sujets de conversation, quitte à se trouver dans des quiproquo mémorables. Il avait cette agilité intérieure d’un chat qui retombe toujours sur ses pattes. Et voilà qu’un jour sa parole s’est faite de plus en plus difficile, pour ne retenir que le plus important : « Oui, ça va. Faut être content. Merci, merci ! » L’accident cérébral avec tous les ennuis qui en ont découlé, n’a pas altéré son être profond. Il est resté admirable de paix de joie et d’attention aux autres. Il était intarissable parce qu’il avait puisé tout cela à une autre source sans fond. Mais Alphonse est un sujet intarissable, dans ce sens qu’on pourrait parler de lui très longuement. Qui de nous n’a pas vécu avec lui des événements extraordinaires, drôles parfois, joyeux ou plus difficiles et toujours tellement pleins d’humanité. Nous pourrons encore longtemps nous raconter Alphonse Berthouzoz. Pour l’instant nous allons parler d’Alphonse à Dieu. Ce sera notre prière : parler à Dieu de nos frères. Nous confions à la miséricorde de Dieu un prêtre, un confrère, un frère, beau-frère, oncle, parent, ami. C’est pour lui que nous célébrons cette messe. Dieu saura lui pardonner toutes ses fautes et accueillir notre eucharistie durant laquelle, comme dans un grand geste d’offertoire, nous déposons la vie d’Alphonse dans les mains du Dieu vainqueur de la mort.

L’homélie à la messe de sépulture, par Mgr Lovey

(textes de la Liturgie 1 P 1. 3- Jn 14, 21-28)
Chers frères et sœurs, Pour un fils de boulanger et l’enfant d’une des plus grandes communes viticoles du Valais, on peut dire que, d’une certaine manière, notre confrère Alphonse Berthouzoz a fini sa vie comme il l’a commencée : entre boulangerie et vignoble. Au passage, je n’oublie pas non plus son enfance dans les alpages de Conthey. Mais en quoi, les derniers temps de son existence terrestre sont-ils proches des débuts ? Alphonse est devenu religieux puis prêtre, il y a un peu plus de 60 ans. Et il l’est resté. Simplement. Profondément. Avec le souci de toujours nourrir sa vie par la prière. Ceci fait que, depuis Pâques dernier, sa prière liturgique s’est nourrie de ce que l’Église nous a donné à entendre : l’évangile de St Jean. En effet, depuis de longues semaines nous avons pu accueillir les grands discours de Jésus sur le Pain de Vie (Jn 6). Puis les chapitres 14-15, discours de la Cène, avec au centre, la merveilleuse parabole de la vigne et des sarments. Entre deux il y avait eu le chapitre 10, au dimanche de prière pour les vocations, où Jésus se présente comme le Bon Berger, celui qui porte le souci de chacun. Ces textes d’Évangile sur le vrai Pain qui nourrit, sur le Bon Berger qui donne sa vie, sur la Vigne qui produit du fruit, auront accompagné notre confrère durant cette ultime étape de sa vie comme ils l’ont accompagné chaque année, d’ailleurs, durant le temps pascal. L’Évangile est le trésor que Jésus, par son Église, transmet pour que chacun puisse s’en nourrir et en vivre. C’est donc à chacun de nous que l’enseignement sur le Pain / sur le Berger/ et sur la Vigne est offert. La mort de notre confrère en plein temps pascal, est simplement la circonstance ecclésiale qui nous redonne accès à cet enseignement. Alors ne laissons pas passer la grâce. Recueillons auprès d’Alphonse quelques certitudes, quelques encouragements, quelques perles de cet Évangile dont il a été le serviteur.
Sur le Pain d’abord.
Je retiens la réaction des disciples ; nous pourrions en faire notre prière. Souvenons-nous : Jésus vient de leur parler d’un pain ; d’un vrai pain. Il n’est pas comme celui qu’ont mangé nos pères au désert. Ils sont morts. Non ! le pain que je propose vient du ciel et il donne la Vie. Jaillit alors la prière des disciples, notre prière : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là ». Si nous faisons vraiment de cette parole notre prière, Jésus va se donner à nous. « Je suis le Pain de la Vie », dira-t-il. Et au soir du Jeudi-Saint, c’est avec un peu de pain qu’il va enseigner aux Apôtres à perpétuer sa présence vivante en faisant en sa mémoire le geste du partage du pain. Depuis ce jour-là, pour rassasier la faim des hommes, ce sont les prêtres qui renouvellent le geste. Y aura-t-il quelqu’un pour venir relever la place laissée libre ?
Sur la Vigne.
Jésus se servira de cette réalité tout à fait familière aux oreilles des auditeurs de l’époque et aux nôtres aussi pour révéler le mystère des liens entre le Père, Lui et nous autres. Il est la Vigne. Le Père est le vigneron et nous sommes les sarments. A partir de là, l’image se développe avec limpidité. La vie se transmet du cep au sarment, à condition que le sarment reste attaché. Le sarment ne peut pas porter de fruits par lui-même. Il s’agit, et c’est une question vitale, de rester attaché à Jésus ; de demeurer en Lui. Combien de fois le prêtre que nous enterrons aura rappelé à ses fidèles l’importance de rester unis à Jésus par la prière, la fréquentation des sacrements. Il le rappelait jusqu’à en être préoccupé ! Pourtant ce n’est pas sa préoccupation ou son angoisse qu’il transmettait, mais une confiance joyeuse. Comme Jésus qui conclut sa parabole en affirmant : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie. », cette joie que la vigne et le vin procurent et entretiennent. Oui, Seigneur, donne-nous de rester attachés à toi comme les sarments au cep pour que nos vies soient fécondes.
Sur le Berger.
Pour la 3ème fois, avec la simplicité habituelle du langage de l’Évangile -après avoir dit ‘Je suis le Pain de Vie’ et ‘Je suis la Vigne’-, Jésus se situe d’une nouvelle manière : « Je suis le vrai Berger, le Bon pasteur. » C’est une parole qui rejoint plus directement les prêtres. Notre ministère nous confie, comme au berger, la garde d’un troupeau. Notre consécration religieuse nous rattache à une famille religieuse. Et désormais c’est à cette portion du Peuple de Dieu que nos vies sont données. On peut dire en vérité qu’Alphonse a aimé sa communauté. Il a aimé tout le monde. Les très, très nombreuses personnes rencontrées dans son ministère, il les connaissait. Que de monde ! Le bon pasteur connaît ses brebis. Et il les connaissait pour leur donner la bonne nourriture, celle de sa table toujours accueillante. Il donnait son temps, son amitié, son attention. Il donnait Dieu. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Pour lui aussi, d’une certaine manière, la boucle est bouclée. Sorti du Père et venu dans le monde, maintenant il quitte le monde et retourne au Père. Cette boucle n’est pas un trait final sur une histoire qui s’achève définitivement. Elle est une ouverture sur un infini de vie. Elle est un accomplissement sans fin. Voilà pourquoi il nous invite à nous réjouir de son départ. « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père. » Nos vies comme celle de Jésus sont faites pour retourner en Dieu. Ainsi nous pouvons porter sur la mort qui reste toujours une épreuve, un regard d’immense espérance. Cette épreuve d’un moment ouvre l’accès à Dieu. Aimer quelqu’un comme nous le demande l’Évangile c’est vouloir son bien. Et si l’on aime suffisamment quelqu’un on lui souhaite le bien suprême : DIEU.
« Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père. »
A -DIEU cher confrère Alphonse.
Amen


Merci, chanoine Alphonse Berthouzoz

On redoutait ce moment. Lucide, lui semblait l’attendre avec sérénité. Voilà les circonstances dans lesquelles le chanoine Alphonse Berthouzoz nous a quittés le 24 mai dernier, dans sa 89e année.
Pas grand, pas gros, mais solide, c’est l’image que l’on garde à l’esprit en évoquant le personnage. Solide, il le fut autant dans l’amitié qu’il distribuait sans compter à une multitude de connaissances que dans la foi mise au service de tous ceux qui voulaient bien l’ écouter. Difficile de ne pas l’entendre, d’ailleurs. Chez lui, les paroles coulaient en un flot dont on retiendra le bon sens, l’authenticité et le style, le tout coloré par un accent dont les modulations donnaient un certain charme à son discours.
La paroisse de Vouvry, l’hospice du Grand-St-Bernard et Bourg-St-Pierre sont les trois étapes qui ont jalonné sa vie religieuse ou, pour mieux dire, des étapes où il a lui-même posé des jalons importants. S’est-il rendu compte de ce qu’il a laissé derrière lui ? Pas sûr, mais en revanche, tous ceux qui l’ont connu et côtoyé ont été marqués par sa personnalité qu’on disait volontiers hors du commun. « Il est encore parmi nous » disait un ami fidèle à l’issue des obsèques du chanoine, le 28 mai dernier à Martigny.
C’est à travers un témoignage comme celui-là qu’on peut reconnaître une vocation pleinement assumée dans le respect des autres, qu’ils soient croyants ou non, catholiques ou appartenant à d’autres confessions. Ainsi, il n’est plus, mais son exemple continue à nous inspirer.
Il serait vain de voir dans l’existence du chanoine Alphonse Berthousoz des traces d’un héroïsme tapageur à l’origine de sa popularité. C’est, au contraire, sa bonté toute simple, son humilité et sa bonhomie naturelles qui lui ont permis de se mettre au niveau de chacun, d’accepter l’autre tel qu’il est.
Mais encore, il avait choisi d’être un serviteur de Dieu et cet état lui imposait l’obéissance et la rigueur dans l’exercice de son ministère. L’homme d’Eglise et l’homme de cœur ne faisait qu’un en lui, ainsi qu’il l’a montré par l’exemple : l’accueil et le partage, deux notions indissociables chez lui.
Ils sont innombrables ceux qui ont eu le privilège d’en bénéficier et il n’est pas trop tard pour adresser au dernier Prieur de Bourg-St-Pierre ce modeste message de reconnaissance.
Merci, chanoine Alphonse Berthouzoz.
Au nom de ses amis et des paroissiens de Bourg-St-Pierre :

Albin Favez

P.-S. Un livre retraçant la vie du chanoine Berthousoz, écrit par M . Albin Favez lui-même, est paru en automne 2007.
On peut l’obtenir au prix de Fr. 20.- (tél. 027 787 10 50) ou au kiosque de l’Hospice du Grand-St-Bernard.


M. le Prévôt et la Communauté bernardine ont reçu quantité de messages de sympathie, venus d’un peu partout et de tout horizon.
En voici quelques extraits :
J’ai appris avec beaucoup de peine et aussi de joie la naissance au ciel du Père Alphonse et je vous dis ma profonde sympathie et ma prière pour vous tous. Je vous dis aussi, comme à notre Dieu, ma profonde reconnaissance pour son grand ministère, pour sa personne et toutes les graines d’espérance, de foi et d’amitié qu’il a semées au long de ces nonante années. Je ne l’ai pas vraiment connu et je regrette de ne jamais avoir goûté à une de ses fondues à la cure de Bourg-Saint-Pierre. Mais j’ai eu le privilège, en décembre 2007, de lui rendre visite, de partager le verre de l’amitié et d’acheter le livre qu’Albin Favez et consorts venait de publier. J’ai encore eu l’ccasion de trinquer dans votre Maison à Martigny, avec lui et le Père Marcel Marquis en 2009. Vous ne l’invoquerez pas la semaine prochaine dans la Litanie des Rogations et il ne sera vraisemblablement jamais ni béatifié, ni canonisé ( !)mais pour moi, comme pour beaucoup, il a manifesté la sainteté de l’amour de la Trinité et il est avec notre Sauveur afin d’ intercéder pour nous et avec nous, pour la pluie et pour l’Esprit, pour le Valais, pour la famille Berthousoz et les chanoines du Grand-Saint-Bernard, pour l’unité des chrétiens. Dans la peine et la reconnaissance, je vous salue cordialement, (Jean Sauter, pasteur de l’Eglise réformée, à Morges )

Je prends part à votre deuil et je prie pour vous tous qui perdez une perle rare. Mais je suis sûr que vous êtes dans la joie de savoir que Alphonse a été accueilli par le Seigneur comme il accueillait les pèlerins de l’hospice du GSB ou ceux qui lui rendaient visite à Bourg-Saint-Pierre. Je l’avais revu il y deux mois à Martigny ; c’était toujours le même sourire, la magnifique hospitalité, un grand cœur d’or. J’en rends grâce au Seigneur. J’ai connu Alphonse dès son arrivée au Col et pendant mes années africaines (dès 1966), tous les 3 ans, je montais à peau de phoque en mars ou en avril. Une fois, notre groupe a été pris dans une coulée d’avalanche (2 ou 3 ? morts). Alphonse nous avait dit, alors que nous rentrions de la piste italienne, après une journée splendide : « tirez sur la droite dans la Combe des Mort », ce que nous n’avons pas fait !! A nos dépens ! Cher Prévôt et chers chanoines, je suis en prière avec vous tous. Je vous présente aussi toute la sympathie de notre Communauté des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) en Suisse (Père René Brossard)

Témoignages divers de prêtres amis, participants au Challenge Delavay

Alphonse rencontrera le même sourire qu’il a su offrir à tous ceux qu’il rencontrait. Une prière pour lui, pleine de confiance (Paolo Papone)
Alphonse était vraiment quelqu’un d’attachant et en même temps de détaché, et une figure du Challenge Delavay, bouteille ou non sur la tête(Marc Cholin)
Je garde un souvenir émerveillé d’Alphonse, de sa joie rayonnante et de sa foi profonde. (Bernardo Geronimi)

Autres messages

Après son exceptionnel rayonnement dans tous les lieux où il a œuvré, que votre confrère, le sympathique chanoine Berthousoz, bénéficie largement de la récompense promise aux hommes de bonne volonté et qu’il reste un phare et un modèle pour votre Communauté !
(J. Clerc à Liddes)

Avec vous tous, chère Communauté du Saint-Bernard, je rends grâce à Dieu de nous avoir donné un tel prêtre toujours joyeux, avec sa foi toute simple et si profonde… son accueil toujours chaleureux, heureux de nous voir et de nous dire quelques mots à chacun. Tout au long de son ministère, il a su rayonner de sa foi et nous transmettre un peu de sa joie. Ses paroles nous faisaient chaud au cœur… et nous redonnaient joie de vivre. Chaque visite était toujours paisible, et jamais une plainte sur son état de santé ! Berny(fille de Mme Lonfat et aide-soignante à la Maison St-Bernard), très affectée de ce décès, me disait : « Pour moi, c’est un grand-papa qui s’en est allé ». Un ange gardien pour la Communauté et tous ceux qui l’ont connu. De là-haut, il continue la route avec vous, ses confrères, et nous tous….Marie, notre Maman, l’attendait en cette fin du mois de mai !!
Monique Lonfat ( maman du chanoine Jean-Michel Lonfat)

Message des autorités de la Vallée d’Aoste, par M. Aurelio Marguerettaz, assesseur.

Je m’empresse de vous exprimer mes plus sincères condoléances pour la disparition de votre estimé confrère Alphonse Berthousoz. De lui je garde de très bons souvenirs du temps où il était responsable du Prieuré de Bourg-Saint-Pierre. J’aime rappeler son attachement au territoire et aux traditions de la vie montagnarde. Comme il aimait expliquer la recette de la fondue ou s’interroger sur les limites de législation valdotaine en matière d’herbes officinales. Esprit ouvert et très accueillant envers tous, il a été un splendide témoin de l’Evangile, avec simplicité et ferveur. - Notre rayonnant chanoine Berthousoz a rejoint la Maison du Père et c’est un sujet d’action de gràce. Mais avec lui disparaît de devant nos yeux ce lumineux sourire et son admirable sens de l’accueil. Aussi, avec Sœur Rachel, nous partageons votre peine et nous vous assurons de notre fraternelle prière. A nous de continuer la route là où le Seigneur nous conduit, dans la confiance et la paix.
Sœur Francine et Sœur Rachel, ursulines à la paroisse de Montana-Village C’est avec tristesse que nous apprenons le décès du chanoine Alphonse Berthousoz, qui a partagé pendant quelque temps la chambre d’hôpital avec notre papa André Moret. Nous garderons de lui le lumineux souvenir d’un homme toujours souriant, plein de bonté et de sagesse
(Madeleine Moret et sa fille Christiane Moillen)

ET pour finir, ce message du CMS, à Martigny, qui nous a vraiment touchés

« Le service d’aide et de soins à domicile vous fait part de toute sa sympathie, suite au décès du chanoine Berthousoz ».
Suivent les signatures de 28 personnes qui ont eu à s’occuper de M. Berthousoz, pendant ses mois de convalescence à la Maison Saint-Bernard
Martigny, juin 2011

A.BerthousozLe sourire et la main de notre confrère Alphonse Berthouzoz nous disent : A-Dieu
et toute la communauté se joint au Prévôt pour vous dire un chaleureux merci pour votre message, votre Espérance partagée.
Cordialement.

+Jean-Marie Lovey, prévôt


L’organisation missionnaire en Suisse

Depuis que Jésus a envoyé ses disciples prêcher dans le monde entier, chaque chrétien est un missionnaire.
Pour mieux comprendre notre tâche missionnaire, voici quelques indications pratiques sur les activités missionnaires en Suisse.

L’organisation missionnaire en Suisse
Dans les belles années qui ont suivi le Concile Vatican II, le visage de la pastorale en général et celle de la mission en particulier ont bien changé. Notre Suisse et notre Valais en particulier ont été généreux en envoi de missionnaires outre-mer et la solidarité des fidèles a été telle que de nombreuses régions du monde ont été évangélisées durant le vingtième siècle. Des paroisses y sont nées avec leurs infrastructures scolaires, sanitaires et sociales.
Dans le même temps, chez nous, on a vu naître de nombreux mouvements missionnaires qui ont soutenu l’œuvre de ceux qui sont partis au loin, qu’ils soient prêtres, religieux, religieuses, ou laïcs. Des structures se sont mises en place et, si ce n’est chaque paroisse, au moins chaque région avait son Centre missionnaire. De nombreuses revues missionnaires en rendaient compte.
C’est ainsi que des structures sont encore en place aujourd’hui. Sur le plan suisse, l’œuvre missionnaire est soutenue par la Conférence des Evêques suisses qui travaille avec le « Conseil missionnaire des catholiques suisses ». (mettre ici photo mission 2)Celui-ci regroupe les trois grandes régions linguistiques en Suisse allemande, en Romandie et au Tessin. Ce Conseil se réunit deux fois par an et veille à la coopération de l’ensemble des activités missionnaires .

Les organismes missionnaires actuels
En Suisse, l’organisme missionnaire principal reste « Missio OPM », autrement dit les « Oeuvres pontificales missionnaires ». Cet organisme est mondial et touche 1200 diocèses dans le monde et 120 pays y sont représentés. C’est sans doute l’organisme le mieux renseigné sur toutes les activités missionnaires du monde catholique.
Son siège est à Fribourg et est dirigé depuis dix ans par le Père Bernard Maillard, capucin. Les paroisses et de nombreuses personnes privées reçoivent régulièrement des informations et des appels à l’aide. L’activité s’intensifie chaque année en octobre à l’occasion du dimanche de la Mission.
« Missio OPM » se soucie de l’évangélisation, de l’activité missionnaire, de la formation, des vocations et de la mission des enfants auprès des enfants.
Une activité en pleine expansion actuellement c’est « Les chanteurs à l’étoile ».
Très répandu en Suisse allemande, ce mouvement commence à se développer en Suisse romande. Ce sont des enfants qui se regroupent au temps de Noël et vont, habillés comme les Mages, porter la Bonne Nouvelle dans les familles et les Institutions. Ils ont leurs propres projets d’aide à des activités missionnaires des enfants dans les pays pauvres.
A part les Communautés religieuses qui ont leurs propres Missions, des prêtres diocésains, des religieux ou des laïcs sont soutenus par le Service « Fidei Donum » (Le Don de la foi) répondant à l’appel du pape Pie XII demandant aux évêques d’envoyer aussi des missionnaires.
Pour la Suisse romande, c’est « Le Groupe de Coopération Missionnaire en Suisse Romande » (GCMSR) qui coordonne les activités des divers groupes missionnaires dans lesquels il faut compter :
- « Le Groupe romand des Instituts missionnaires » (GRIM). Il coordonne les activités des communautés religieuses qui ont des missions au loin.
- « Le Laïcat missionnaire ». Il regroupe des activités missionnaires des laïcs :
la Fédération des Centres Missionnaires du Valais romand en fait partie.
Il organise chaque année une journée missionnaire, en particulier avec les missionnaires en congé.
- « Voyage-Partage » prépare des séjours de jeunes dans des communautés en pays de mission.
- « Miva » est un organisme, spécialement actif en Suisse allemande, qui s’occupe de fournir des véhicules surtout aux prêtres dans des pays où les distances sont très grandes, pour qu’ils puissent visiter les fidèles ou transporter des malades.

Les missionnaires étrangers chez nous
Depuis quelques années, il y a de plus en plus de prêtres venus d’Afrique ou d’autres continents en mission chez nous. C’est un juste retour des choses. Nos missionnaires ont fondé des paroisses, des diocèses, des communautés qui, à leur tour, ont suscité des vocations au service de l’Eglise. A l’époque, nos missionnaires ont dû s’inculturer dans ces pays. Aujourd’hui ce sont eux qui sont invités à s’adapter à nos conditions de vie.
Mais il y a aussi beaucoup d’Africains qui ont dû quitter leur pays pour des raisons économiques, politiques et sociales difficiles. Il importe qu’ils se sentent accueillis comme des frères et des sœurs. Depuis une dizaine d’années, le premier dimanche de juin, il y a le Pèlerinage des Africains de Suisse à Saint Maurice, le Noir : c’est un précieux encouragement pour eux.

Les œuvres d’entraide
Si les Œuvres missionnaires ont surtout le souci de l’évangélisation, il y a de nombreux organismes d’entraide humanitaire rattachés à l’Eglise catholique et qui se soucient surtout du développement. Caritas suisse intervient surtout en cas de catastrophes, l’Action de Carême pour les projets à long terme. Mais il y de nombreuses organisations non-gouvernementales qui font aussi un très beau travail de secours et de développement. Il est beau de voir des jeunes qui ont donné une année ou deux pour l’entraide humanitaire et qui fondent des associations d’entraide. Pour éviter des mésaventures, Valais Solidaire, analyse ces projets et trouve des subventions même étatiques. Sans être directement d’Eglise, ces organismes n’en mettent pas moins en pratique l’évangile qui nous interroge pour savoir si nous avons donné à manger à celui qui a faim, à boire à celui qui a soif, accueilli l’étranger, visité le malade ou le prisonnier…On ne peut citer toutes ces associations, Citons cependant en passant Point-Cœur qui permet à des jeunes de faire de séjours d’entraide dans des contrées très pauvres.

Conclusion
Le pape Jean Paul II demandait de passer d’une « aumône humiliante à un partage fraternel ». C’est dans ce sens qu’une délégation importante de la Conférence des Evêques suisses est allée au Togo visiter les évêques de ce pays en 2009. Ils en sont revenus émerveillés de voir tout le travail qu’accomplit l’Eglise dans des conditions difficiles.
Puissent d’autres personnes, des retraités, des jeunes oser l’aventure d’un voyage missionnaire. Ils en seront les premiers bénéficiaires.
Jésus a demandé de prier le Maître « pour envoyer des ouvriers à la moisson ». Puissent nos prières missionnaires soutenir les jeunes Eglises et nous maintenir éveillés sur tout ce qu’on peut faire pour annoncer la bonne nouvelle et rendre notre monde plus juste et plus fraternel.

+ Joseph Roduit, Abbé de Saint-Maurice
Responsable du dicastère Mission à la Conférence des Evêques suisses


Message de Mgr Schmitz pour le dimanche de la Mission universelle 2011

Chers Frères et Soeurs en Suisse,
J’espère que cette lettre du mois de la Mission universelle 2011 vous trouve en bonne santé et que vous êtes heureux de découvrir les merveilles de Dieu d’une manière toujours nouvelle.
Pendant ce mois particulier, les Eglises locales ouvrent leurs frontières et rencontrent d’autres Eglises locales au sein de l’Eglise universelle. Ce sont là des rencontres où chacun donne et reçoit.
Cette année, au Nicaragua, nous avons la chance d’avoir comme Eglise locale partenaire, notre« grande soeur » suisse. Si je parle de « grande soeur », c’est qu’en Suisse, la Bonne Nouvelle, ce message d’Espérance, a été introduite depuis des siècles déjà, bien avant qu’elle n’arrive ici, dans le Vicariat apostolique de Bluefields. L’Eglise catholique, sur la côte atlantique du Nicaragua, n’existe formellement que depuis 1913.
Nous qui sommes une Eglise encore jeune, nous pouvons apprendre beaucoup de notre « grande soeur ». Même en étant jeune et pauvre, notre Eglise diffuse l’espérance. Nous pouvons surmonter toutes sortes de conflits – socio- politiques, économiques et même culturels – qui conduisent à la déshumanisation des personnes. Depuis Vatican II et depuis la 2ème Rencontre des évêques d’Amérique latine à Medellin en 1968, les laïcs - femmes, hommes, jeunes, enfants - sont les actrices et les acteurs majeurs au sein de notre Eglise.
Le Vicariat apostolique de Bluefields compte près de 60’000 km2. Dans notre pays, les groupes ethniques se sont déplacés d’ouest en est : des paysans pauvres sont partis plein d’espoir vers de nouvelles terres pour y trouver leur subsistance.
Les responsables de la parole de notre jeune Eglise - c’est-à-dire chacune des personnes qui conduisent avec le prêtre les petites communautés ecclésiales - l’ont transformée comme le ferait un vent rafraîchissant. Les différents ministères sont les fruits de ce changement : diacres permanents, responsables de la Parole, catéchistes, animateurs des groupes de jeunes et de l’Enfance missionnaire (la plupart de ces groupes sont portés par les jeunes eux-mêmes), animateurs de chants, enseignantes et enseignants, etc. Le prêtre ne travaille jamais seul ; les femmes, les hommes, les jeunes et les enfants travaillent ensemble, avec lui. Ce n’est d’ailleurs que comme cela que, dans nos gigantesques paroisses où le prêtre ne peut visiter chaque communauté qu’environ deux fois l’an, l’activité pastorale est possible. J’ai un exemple extrême des hautes exigences auxquelles font face les prêtres : celui d’un Père de 78 ans, au centre du Vicariat, qui non seulement visite les 113 communautés de sa paroisse, mais assume aussi des cours de formation continue dans différents domaines.
Ici, hommes et femmes sont conscients qu’ils sont l’Eglise. Pour cette raison, plusieurs suivent des cours de formation continue : ils veulent assumer de manière compétente leur rôle et leur promesse de baptême.
Nous avons institué énormément d’auxiliaires de l’Eucharistie. Ils permettent à nos fidèles de recevoir Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie au moins de temps en temps le dimanche, en plus de la célébration de la Parole.
Ainsi fortifiés, ils pourront mettre en pratique la Parole de Dieu.
La prise en charge de la responsabilité par les laïcs n’implique pas seulement une transformation spirituelle. Les personnes qui se retrouvent chaque dimanche ont acquis la conviction que la formation st quelque chose de tout-à-fait primordial pour leurs enfants. Ils ont poussé l’Eglise à être très active dans le domaine de l’éducation. Aujourd’hui, nous disposons d’un réseau de 380 écoles, dans lesquelles 630 enseignants donnent les cours à 18’000 élèves. Un grand nombre de ces écoles ont des toits de feuillage et un sol en terre battue. Nos écoles commencent là où l’enseignement public n’accède plus. L’Etat assume les salaires des enseignants. Nous sommes par contre responsables de leur formation et de leur formation continue. Le fait d’être enseignante ou enseignant dans le Vicariat apostolique de Bluefields est perçu comme un service à la communauté. Pareille est la situation dans le domaine de la santé. Nous assumons par exemple la formation des sages-femmes. Elles ne doivent pas seulement être au top du point de vue médical : nous leur transmettons aussi des valeurs, comme celle du respect de la vie de la conception à son terme naturel. Dans leur formation, nous leur apprenons à rejoindre toutes les dimensions - corporelle, psychique, cognitive, spirituelle- de la personne du nouveau-né.
Notre avenir est jalonné de défis et de difficultés mais il est aussi rempli de beaucoup d’espérance, tout spécialement en considérant nos jeunes. Les vocations à la prêtrise, à la vie religieuse ou au service de la communauté ces dernières années en témoignent.
J’espère que le lien fraternel de nos deux Eglises, en Suisse et dans le Vicariat apostolique de Bluefields, durant le mois de la Mission Universelle 2011, va nous enrichir mutuellement. Vous, chers lectrices et lecteurs, devez vous laisser enrichir par nous, dans votre Eglise de Suisse où l’Evangile est parvenu vers le IIIème siècle ; et nous par vous, dans notre Eglise encore jeune et pauvre, mais rayonnante d’Espérance.
C’est ainsi que nous pourrons continuer à annoncer l’Evangile comme un message d’Espérance.
(Le 15 juin 2011 )
Une Eglise encore jeune et pauvre, mais rayonnante d’Espérance.

+ Mgr Schmitz


Prière du Nicaragua

Jésus,
Toi le Chemin, la Vérité et la Vie,
Visage humain de Dieu
et visage divin de l’homme,
fais brûler en nos coeurs l’amour de Notre Père du ciel
et la joie d’être chrétiens.
Aide-nous à nous rencontrer les uns les autres.

Guide nos pas,
pour que nous puissions Te suivre
dans la communauté de l’Eglise,
T’aimer en célébrant et en vivant l’Eucharistie.

Aide-nous à porter chacun notre croix,
à ressentir des forces nouvelles par ta mission.
Accorde-nous constamment le feu ton Saint Esprit,
qu’il revête de lumière notre intelligence
Qu’il éveille sans cesse en nous
le désir de Te voir,
d’aimer nos soeurs et nos frères,
tout particulièrement les plus découragés,
et d’annoncer ta venue avec force.
Comme tes disciples et comme tes missionnaires, hommes et femmes,
nous voulons nous efforcer de former des peuples
qui vivent en plénitude en Toi
et qui construisent une société solidaire,
fraternelle et pacifique.
Christ Jésus, viens et envoie-nous !
Marie, mère de l’Eglise, prie pour nous.