2013/2
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Année 2013 - Numéro 2
Revue " Mission du Grand-Saint-Bernard"

Editorial

Chers amis lecteurs,

Ce numéro 2 de l’année 2013, est à forte couleur nécrologique. Pour l’essentiel, nous rendons hommage à deux confrères qui nous ont quittés :
En fin d’année passée, le chanoine René Bruchez
En début d’année 2013, le chanoine Jean-Marie Dondénaz.
Plusieurs articles, dont l’homélie de la messe de sépulture, font revivre la figure attachante de ces deux frères aimés , qui restent bien présents dans nos cœurs et nos prières.
Et à mi-avril, nous avons dit un dernier adieu à notre vice-doyen, missionnaire hors pair, le chanoine Alphonse Savioz. Nous lui rendrons l’hommage qui lui convient dans le prochain numéro de notre Revue.
Le Père Gabriel Délèze a fait un séjour dans notre pays. Et il nous laisse un témoignage intéressant, sur un fait vécu dans son ministère pastoral à Taïwan : « Ton saint Nom est Marie »
Nous avons aussi, dans ce numéro, une brève présentation de l’exposition été 2013, à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, texte présenté par la responsable de l’exposition, Anne-Laure Gausseron et un aperçu des dernières nominations dans la Congrégation.
Em vous souhaitant à toutes et à tous une bonne lecture de ce numéro 2.2013, et un bel été, sous le soleil de Dieu,
René-Meinrad Kaelin, rédacteur


En hommage au chanoine René Bruchez

L’image-souvenir
Au lendemain de Noël, St Etienne meurt en contemplant les cieux ouverts et disant : « Seigneur-Jésus, reçois mon esprit. »(Ac 7,58)
Par grâce, cette prière aura habité le cœur de notre cher frère et confrère.
Unis à sa grande famille, ses frères et sœurs, beaux-frères, belles-sœurs et familles
unis à ses nombreux neveux et nièces ;
aux familles parentes et alliées ; Le Prévôt et les chanoines du Grand-Saint-Bernard vous font part du décès de leur cher confrère,

CHANOINE RENE BRUCHEZ
15 déc. 1935 – 26 déc. 2012

Le regard de René Bruchez prolonge son annonce évangélique :
« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11)

Né à Bagnes Lourtier, il entra au noviciat des Chanoines du Gd-St-Bernard en septembre 1956, fit profession religieuse en 1957 et fut ordonné prêtre le 30 juin 1962 à l’Hospice. Il exerça un ministère de joyeuse annonce de l’Évangile dans les paroisses où il fut vicaire : à Martigny, de 1963 à 1977 et de 1989 à 1993, à Vouvry, de 1977 à 1989. En 1993 nommé vicaire dans l’Entremont, il est répondant de la paroisse de Sembrancher jusqu’en 2001. Il va y nouer de beaux liens d’amitié avec les paroissiens qui en firent l’un des leurs. A partir de 2001, son rayonnement s’étend sur tout le Secteur pastoral de l’Entremont. Sa joie fraîche et chantante il la puisera à la source d’une prière mariale et il la communiquera notamment encore aux membres des divers mouvements dont il fut l’aumônier : les Sacristains du Valais romand, la Vie Montante, les Hospitalières et Hospitaliers de Lourdes. Enfin, sa grâce d’être prêtre, il l’a réservait en priorité aux malades ou personnes seules, aux enfants, ces « petits » de l’Évangile qui lui feront fête au Royaume.
Décédé, après un bref séjour, à l’hôpital de Martigny, il repose au cimetière d’Orsières. Son bon sourire continue de rayonner. MAGNIFICAT !

Homélie pour la messe de sépulture de Mr. René Bruchez.
Lectures : de la fête des saints Innocents 1Jn 1,5-2,2 et Mt 2, 13-18
Eglise paroissiale d’Orsières
Chers membres de la famille de René
Chers confrères, chers amis,

Noël est une Naissance. Or c’est un défunt qui nous rassemble aujourd’hui. René est mort. Nous sommes Église et nous prions pour lui. Mais c’est aussi pour nous conforter les uns les autres que nous nous retrouvons. Comme lors de chaque ensevelissement, nous posons les gestes communs de dernier adieu. Ces gestes d’au-revoir sont tellement importants parce qu’ils permettent que la foi d’une communauté en prière rejoigne chaque membre, au plus intime, et éclaire toutes expériences d’échec.
Là où l’échec désigne la mort, la Lumière de la Foi parle de naissance. Dies natalis : jour de naissance. Noël. C’est ainsi que l’Église a pris l’habitude de désigner le jour de la mort de ses enfants. Dies natalis, jour de naissance ! Je ne sais pas s’il y a un moment plus favorable qu’un autre pour mourir ! Y a-t-il une grâce spéciale de mourir au temps de Noël ?
J’observe que René est mort au lendemain de Noël. Au moment où la liturgie, méditant sur la naissance de Dieu dans l’histoire des hommes, venait de refermer le Prologue de St Jean. Au cœur de sa méditation, Jean rappelait que le Verbe de Dieu était la vraie vie, que cette vie-là était vraie lumière qui éclaire tous les hommes.
Aujourd’hui, le même St Jean, dans sa lettre, proclame en écho, une catéchèse aussi centrale que brève : « Dieu est Lumière ».
Il y a donc d’un côté la Vie, la Lumière, Dieu, et de l’autre les ténèbres, l’échec, la mort.
René, mort au temps de Noël, est enseveli au jour des saints Innocents, dont l’Évangile de la fête témoigne
du même combat entre la vie et la mort,
du même affrontement entre les ténèbres et la Lumière.
Finalement, par les circonstances de sa mort, René nous donne peut-être sa plus forte leçon de catéchèse. Il nous rappelle qu’il y a au cœur de la vie,
au cœur de chacun de vous ici présent,
au cœur de toute vie humaine,
une aspiration à la Lumière ; et cet élan vers la Lumière s’articule en nous autour d’expérience d’échec. Ou, pour le dire encore mieux, dans l’esprit de l’Évangile de ce jour : Ce sont à coups sûrs nos nuits humaines que Dieu vient visiter et remplir de sa douce Lumière. C’est après la visite des mages qui ont marché à la lumière de l’étoile que, de nuit, « en songe, l’ange du Seigneur apparaît à Joseph » pour lui demander de partir. « Joseph se lève dans la nuit, dit le texte, il prend l’enfant et sa mère et se retire. » Le résultat de cette nuit visitée, c’est que l’enfant sera protégé de la fureur d’Hérode. Jésus, Lumière venue dans le monde, pourra rentrer d’Egypte afin accomplir sa mission. Mais, venu chez les siens, il n’est pas reçu, a-t-on entendu à Noël. De ce refus, Hérode en est l’illustration ; (si toutefois on peut utiliser ce terme pour parler des sombres ténèbres meurtrières qui occupent en ce moment son cœur !) Hérode « marche dans les ténèbres », les ténèbres de sa fureur guident son comportement et « il n’est pas en communion avec Dieu. Il n’agit pas selon la vérité. » « Il envoie tuer tous les enfants de moins de 2 ans à Bethléem et dans toute la région. » C’est l’horreur incompréhensible qui rend inconsolable toutes les Rachel de l’histoire. La mort des innocents pourrait faire désespérer à jamais de la victoire de la Lumière sur les ténèbres, de la Vie sur la mort.
Comment croire à la vie quand c’est l’échec ou la mort que nous expérimentons ? Ici encore, l’histoire de la mort de notre cher René pourrait nous servir d’exégèse, de clé de compréhension pour nous faire rejoindre le cœur de l’enseignement de Noël. Puisque, nous a dit St Jean « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu, … Mais …
« à tous ceux qui l’ont reçu,
ceux qui croient en son nom,
il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »

Nous sommes interrogés d’abord et avant tout sur notre disponibilité à recevoir Jésus ; voulons-nous le recevoir dans les sacrements, dans l’Eucharistie, dans la prière, dans sa Parole, à travers les autres ? « … ceux qui l’ont reçu,
Nous sommes interrogés sur l’ouverture de notre cœur à lui faire, en simplicité, totale confiance : ceux qui croient en son nom
Nous sommes interrogés sur notre consentement à nous laisser façonner pour pouvoir devenir, devant Dieu, enfants : il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »
Seigneur, René t’a reçu. Il est ton enfant. Reçois-le. AMEN
+le Prévôt Jean-Marie Lovey

Au nom du secteur pastoral de l’Entremont

Cher René
Depuis quelque temps déjà tu te disais prêt, que maintenant la mort pouvait venir. Plusieurs fois tu m'as déposé des livres ou des revues sur mon bureau en me disant que tu n'en avais plus besoin. Tout dernièrement encore, après l'enterrement que tu venais de célébrer, tu m'as apporté des revues sur ce thème en me disant que tu avais fais ton dernier enterrement. Je ne pense pas que tu savais alors que tu allais partir si vite, mais tu t'y préparais. L'annonce de la maladie à certainement été difficile. Mais quelques jours après à l'hôpital tu m'as dit: " j'accepte, je suis prêt ". Alors moi, je t'ai parlé de notre virée en avion en novembre. Ce jour-là, nous avions côtoyé ce ciel majestueux. La joie et le bonheur qui ce lisait dans tes yeux à la descente de l'avion était incroyable. J'ai eu un petit aperçu de ton visage rayonnant que tu a certainement eu à ton entrée au Ciel. Merci René pour tout ce que nous avons partagé dans l'équipe pastorale.
En tant que président du conseil de Secteur, je te dis aussi Merci de la part de nos quatre paroisses dans lesquels tu as donné jusqu'au bout toute ta personne. Merci pour tous ces gens, ces personnes âgées, ces malades, ces enfants à qui tu as parlé de Dieu, de la Vierge Marie avec tant d'enthousiasme. Notre secteur a perdu bien plus qu'un prêtre, ou comme tu le disais 'un " bouche-trou ". Quand j'ai annoncé ton départ à la maison, Dimitri m'a répondu: " oh non, je suis triste, parce que M. Bruchez, il était gentil avec nous "!
A Dieu René
Casimir Gabioud, animateur Pastoral Secteur Entremont

HOMMAGE AU CHANOINE RENE BRUCHEZ de la section des hospitaliers-ères de Lourdes

A l’aube du 26 décembre, jour de la fête patronale de Sembrancher, entouré de l’amour de tes proches et de tes Confrères « Marie » notre maman du Ciel, t’a délivré de tes souffrances.
Oui, René, ta Naissance dans le Ciel est un jour de grâce !
En 2002, lors de mon 1er pélerinage à Lourdes, j’ai compris qui se cachait derrière toi. Un Apôtre, un vrai messager du Christ, un prêtre bien dans sa peau, sensible et plein d’amour pour les autres. Ta ferveur pour « Marie » m’a bouleversée et alors seulement, je me suis rendue compte de l’importance et de la chance que j’avais d’être chrétienne et de pouvoir partager avec un aumônier comme toi.

Au sein des hospitaliers et hospitalières de Notre-Dame de Lourdes, de la section de Martigny, Fully, Saillon, Charrat et environs, où tu as donné de ton temps pendant 37 ans, tu laisses une trace indélébile. Toujours présent lors de nos manifestations, tu nous apportais à chaque fois un vrai « Message de d’Espérance». Lors du chemin de Croix qui nous conduisait de Fully jusqu’à Euloz, médité avec beaucoup de profondeur, tu nous élevais toujours plus près du Ciel. Ta foi inébranlable restera pour nous tous un exemple.
Tu m’appelais toujours « petite sœur » de Lourdes, permets-moi aujourd’hui de te dire à Dieu « petit frère » de Lourdes.
Nous ne t’oublierons jamais et tu seras toujours présent dans nos cœurs et nos rencontres.
Au nom de tous les Hospitaliers, je te dis tout simplement MERCI et pour toi René chantons en chœur :
Les Saints et les Anges
En chœur glorieux
Chantent vos louanges
Ô Reine des Cieux
Ave, Ave, Ave Maria…
Gilberte Abbet, Présidente de la section

Hommage à René par sa famille

Le mois de décembre est spécial...Noêl approche.
Décembre 1935 est vraiment spécial dans la famille Bruchez...papa Hubert et maman Elisa ont préparé un nouveau berceau pour leur 10 ième enfant.
En effet,René est né le 15...
On peut imaginer la Fête de Noêl avec 10 enfants dont l'aîné n'a que 11 ans !
Entouré de ses soeurs et frères aînés,René a grandi au sein de la famille qui comptera 14 enfants en 1945.L'école primaire terminée, il commence ses études classiques à l 'Hospice du Simplon en 1950 pour les poursuivre dès 1952 au Collège Champittet à Lausanne.
Il teminera ses études en 1955 au Collège St Michel à Fribourg.
Pendant les vacances,René aimait beaucoup retrouver les siens à Lourtier et il était heureux de participer, comme tous les enfants, à la vie et aux occupations d'une famille de montagne : travaux des champs au printemps, départ dans les mayens et garde du bétail pendant l'été.
L'automne était la période moins agréable...il fallait quitter le village et la famille pour de longs mois.
Durant toutes ces années d'études difficiles et longues, René a fait peuve d'une volonté très forte pour répondre à l'appel du Seigneur à devenir prêtre.
En 1956, il entra dans sa'' nouvelle famille''( il la nommait ainsi) : la Congrégation des Chanoines du St Bernard à la tête de laquelle se trouvait Mgr. Angelin Lovey, prévôt.
Tout au long de ses 50 ans de ministère dans différentes paroisses, René n'a pas oublié sa première famille, dans les moments de joie mais surtout dans les moments de peine, il a été présent auprès de ses parents, frères et soeurs.
Amoureux de la montagne et du Haut Val de Bagne, il aimait y faire des courses en profitant au retour d'aller dire un petit bonjour à l'une et l'autre de ses connaissances. Dans ses ballades dans la vallée, René faisait un arrêt '' au mayen du Plamproz '' et partageant un moment d'amitié, il entonnait : « mes jeunes années courent dans la montagne.. » !
Ces souvenirs d'enfance, René les revivait jusque dans son ministère de prêtre et signait cerains courriers '' René, choportio du Bon Dieu '' ! PS. choportio = petit berger (en patois)
Sa sœur Angèle Florey,au nom de la famille Hubert Bruchez


En hommage au chanoine Jean-Marie Dondénaz


Au matin d’une nouvelle année 2013, au petit matin d’un nouveau jour, le 5 janvier, fermant discrètement les yeux à ce monde qui avait usé ses forces, celui que beaucoup nommaient très affectueusement Oncle Jean, a ouvert tout grand son regard sur le jour éternellement neuf de la Vie en Dieu. Seule son espérance osait quelques paroles pour affirmer l’Indicible, mais c’est par sa vie donnée qu’il en a enseigné le mystère.
Très reconnaissants envers cet homme de qualité, les familles, humaine et religieuse, le déposent en Dieu et le confient à votre prière :

CHANOINE JEAN-MARIE DONDENAZ
16 juin 1924 – 5 janvier 2013

Né à Vichères (Liddes) le 16 juin 1924, il entre au Noviciat des chanoines du Grand-Saint-Bernard le 10 août 1942. Il émet sa profession le 15 sept. 1943. Ordonné prêtre le 19 juin 1949 il exercera un long, et Dieu sait combien fructueux ministère dans la formation de la jeunesse et l’enseignement ; la première année, 1950-1951, à l’hospice du Simplon, puis dès l’ouverture de ce qui était une nouvelle œuvre de Congrégation, au collège Champittet à Lausanne de 1951 à 1998, date à laquelle la Congrégation remettait cette œuvre d’éducation de la jeunesse. Dès lors il est auxiliaire pour la pastorale paroissiale du Secteur de Martigny. Sa paisible et solide fidélité, la bonté de son amitié auront été pour tous ceux qui l’ont côtoyé une prédication de haute qualité.
Il est décédé, à l’hôpital de Martigny et repose au cimetière de Martigny, dans le caveau des chanoines.
« Assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » (Ac 2, 42)

Homélie pour la messe de sépulture du chanoine Dondénaz,le 8 janvier 2013
et de Madame Simone Morisod, le 8 janier 2013
Eglise de Martigny-ville, Lectures du jour : lJn 4,7-10 et Mc. 6,34-44
Chers membres de la famille et amis de Mme Morisod,
Chère Céline, et vous chers neveux et nièces, membres de la famille de oncle Jean,
Chers confrères, chers amis,
Pour un homme qui a passé presque 50 ans de sa vie à enseigner les mathématiques, il faut bien reconnaître que la liturgie du jour lui fait un clin d’œil éminemment sympathique !
Il est question dans l’Évangile d’un salaire de 200 journées, de 5 pains, de 2 poissons ; de gens qui s’assoient par groupe de 100 ou de 50, question encore de 12 paniers de reste tandis qu’il fallait nourrir 5000 hommes.
Voilà les chiffres posés d’un problème apparemment insoluble. On se croirait à l’époque où les baignoires se remplissaient et de vidaient à raison de débit variés des robinets d’alimentation et d’évacuation.
5 pains, 2 poissons pour 5000 hommes qui tous mangèrent à leur faim. De quoi s’agit-il, puisque non seulement tous furent rassasiés, mais qu’il en reste encore 12 pleines corbeilles ?
Notre confrère, Jean, était mathématicien. Mais il était aussi théologien et avant tout c’était un homme. Au-delà des chiffres, des calculs qui ont leur sens et leur logique -et dont il demandait dans son enseignement, qu’on en respecte la rigueur- il nous apprenait les choses cachées qui vont bien plus loin qu’un simple calcul. Vraiment, avant d’être professeur ou prêtre, il était d’abord un homme. Il nous apprenait la vie. Et l’Évangile est toujours l’Évangile de la vie.
Une fois de plus, en Jésus, Dieu se soucie de nous autres. La foule au bord du lac le touche. Son cœur de pasteur s’émeut. Il ne peut se satisfaire de les voir comme des brebis sans berger. Après tout, il aurait pu en tirer son parti ; s’en aller ou renvoyer chacun, comme les disciples le lui suggèrent ! Non ! Jésus vient nous apprendre d’abord qu’il y a dans le cœur de tout homme des faims et des soifs bien plus incontournables que celle que la nature nous fait ressentir.
L’homme est habité par une faim d’absolu, une faim, une soif de ce qui n’est encore que pressenti et qui est bien là au plus intime de chacun. C’est ce creux, ce manque, cette absence inconsolable qui donne à tout être sa plus grande dignité. On pourrait dire de façon paradoxale, que ce qui est enraciné de façon la plus solide au fond de chaque être humain, ce qui est le plus présent, c’est un manque, un vide, une absence. Cette absence est appelée à devenir un heureux espace pour accueillir la présence de l’autre sous une forme différente. Les personnes qui ont perdu un être cher, comprennent ce que je dis. Au fond du cœur, la mort crée un espace, une absence de plus en plus vaste et qui appelle la présence de l’autre. Mais au fond du fond… cette absence est l’espace réservé, consciemment ou non, par chacun, à Dieu. Et c’est en vertu de cela que tout être est infiniment respectable. Jean en avait une conscience très explicite. Il nous aide à comprendre que chaque individu, quelle que sont sa vie, est capable d’accueillir Dieu.
Jésus de l’Évangile le sait aussi ! Il se met à instruire longuement cette foule affamée. Il y a des nourritures autres que terrestres dont la privation est la pire des injustices.
Puisque l’homme est fait à l’image et ressemblance de Dieu, il porte en lui une parcelle divine. Il est habité d’une aspiration infinie à aimer. Ce n’est pas nous qui, au terme d’une démonstration pourrions aboutir à la conclusion que Dieu est amour. St Jean le dit magnifiquement dans sa 1ère lettre : « Bien aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. » ce que le professeur de mathématiques avouait parfois de façon plus triviale : « Dieu ? – je n’ai jamais pu le mettre dans une équation » ou parfois encore, de façon plus johannique et avec des intonations et un regard inoubliables : « Faut pas se faire d’illusion : Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, le premier, Non ! non, C’est lui, qui nous a aimés » (v 10)
La parole de Dieu vient nous rappeler à quel point cet amour prévenant du Christ porte son attention sur les vrais besoins des hommes. Après avoir longuement nourri de son instruction la foule, Jésus prend les pains « lève les yeux au ciel, prononce la bénédiction, rompt les pains et les donne pour qu’ils soient distribués ».
Il y a là tous les gestes de la table humaine, autour le laquelle notre confrère était si bon compagnon ; tous les gestes de l’Eucharistie qu’il a célébrée avec une foi solide dans une tranquille prière qui introduisait au mystère. Il y a là tous les gestes vitaux dont nos corps, nos âmes, nos cœurs, nos esprits attendent nourriture. Nous voulons maintenant lever les yeux au ciel, bénir Dieu pour Mme Simone Morisod et pour Jean Dondénaz. Nous voulons célébrer l’Eucharistie et nous partager le pain, multiplié désormais, pour eux, à l’infini de la Présence. Pour nous, ce pain est l’Unique que Dieu a « envoyé dans le monde pour que nous vivions par lui ».
AMEN
+Jean-Marie Lovey, prévôt

Adieu, Monsieur le professeur

En souvenir de Jean-Marie DONDENAZ, mon professeur
En ce début 2013, Monsieur le chanoine du Grand-St-Bernard qui donniez vos cours au collège Champittet (Pully-Lausanne) dans les années 1950, vous avez quitté ce monde à 89 ans. Etrange, je pensais à vous ces derniers temps en marchant le long du Léman, près de la tour Haldimand, proche du collège.
La vie durant, on garde en mémoire un prof comme vous! Non seulement vous réussissiez à capter et maintenir l’attention d’élèves ayant en horreur la branche enseignée, mais vous étiez constamment d’une humeur remarquable lors des cours. Pareillement dans les récréations sur le terrain derrière la chapelle, terrain transformé en stade de foot le plus souvent possible. Là, subjugué par votre sens du jeu auquel les collégiens participaient, il m’arrivait de vous donner, à voix basse, du «Dondène le Grand». En soutane, avec un style de footballeur de ligue nationale, montrant l’exemple, vous entraîniez les élèves à jouer avec habileté, correction, classe quoi ! Ce que rappelle l’avis mortuaire est parfaitement exact : « …il exercera un long, et Dieu sait combien, fructueux ministère dans la formation de la jeunesse et l’enseignement… ».
Comme d’autres chanoines du Grand St-Bernard enseignant à Champittet, vous étiez ouvert, solide, humain, attentif à autrui. Ajouter engagé, totalement engagé. Quand on a dix-douze ans, on passe beaucoup de temps à observer les gens, les choses. Trop selon les parents auxquels on tend le livret scolaire… Jamais assez disent de leur côté les maîtres de stage des futurs rédacteurs. Celui qui fut l’un de vos élèves avant d’entrer en journalisme bien plus tard, se souvient aujourd’hui de notre dernière rencontre.
Rentrant d’une interview radio réalisée sur les hauts de la route du Grand St-Bernard, il y a un bout de temps, j’ai - comme le font les automobilistes - jeté un oeil sur les personnes attendant le car postal au bas d’un village. Vous étiez parmi elles. Coup de frein, signe d’invitation à monter à bord… Vous avez immédiatement attiré mon attention sur un jeune qui, lui aussi, devait gagner la plaine. A trois, nous avons paisiblement bavardé au fil des kilomètres, évoquant les jeunes dans le monde, leurs objectifs, mais aussi des souvenirs de Champittet, le foot…
En apprenant votre décès, le mot but puis plusieurs significations se sont présentées dans ma petite tête. Je voulais vous le dire, ainsi que ma reconnaissance.
PhilGo
Note de la rédaction : cet hommage rédigé par Philippe Golay, un ancien élève du collège Champittet, a été publié sur le site internet de l’église catholique suisse cath.ch, en date du 10 janvier.

Le Chanoine Jean-Marie Dondénaz

En évoquant quelques facettes de la personnalité de Jean-Marie Dondénaz, j’ai le sentiment d’être très partiel. Ceux qui l’ont bien connu pourraient sans doute compléter ce portrait.
En ces dernières années, il prononçait assez souvent des paroles à couleur de sentence. Je ne crois pas qu’il soit devenu sentencieux, mais sa vie reposait sur des convictions. A l’image de saint Augustin, il cherchait toujours le sens des choses ; il avait un besoin vital de comprendre, en particulier ce qu’il faisait. Foi et bon sens le guidaient. Je crois qu’il n’a jamais renoncé et qu’il a toujours su trouver suffisamment de lumière pour avancer. Lors de notre dernière visite dans sa chambre, il a regardé le crucifix en disant à peu près ceci - faisant référence sa situation de souffrance et de dépendance – « Là nous sommes assurés que cela a un sens. Oui cela a un sens, même si nous ne savons pas lequel ».
On pourrait dire qu’il était un philosophe chrétien, si philosophe veut dire un sage qui a l’intelligence d’utiliser son expérience et la révélation divine pour se guider. Il partageait volontiers sa manière de voir les choses ; beaucoup en ont profité
Il a enseigné les maths durant plus de 40 ans. Je ne pense pas qu’on puisse dire qu’il était passionné de mathématiques. Son engagement se situait dans une vision plus large : il était convaincu de la nécessité d’une solide formation pour les jeunes collégiens, convaincu que Champittet pouvait offrir cet atout et que son travail y contribuait. Il a d’ailleurs toujours rendu d’autres services, surveillance d’étude, remplacement, calcul des moyennes pour des collègues, fournitures scolaires… pelouse, parquets ; et au-delà de l’âge de la retraite, il allait volontiers au secrétariat pour d’humbles tâches, telle que la mise sous plis d’envois aux parents.
L’amitié comptait beaucoup pour lui. Je regardais les quelques photos qu’il avait conservées : la famille, les amis ; j’ai vu certains visages à différents âges. Ils étaient très présents à sa mémoire et à sa prière. Il aimait se rappeler les bons moments vécus ensemble. Il était très touché des visites que lui rendaient un ancien de Champittet, un paroissien de Martigny, un confrère. Les invitations amicales pour une tournée mobilisaient ses dernières forces disponibles pour quitter sa chambre. Il en parlait comme étonné que l’on pense encore à lui et étonné que cela le touche autant. Il remarquait très lucidement que le fait d’avoir besoin de gens pour lui donner quelques soins l’ouvrait plus profondément à cette belle réalité de la tendresse.
Son attachement à notre Congrégation m’a toujours frappé. Le premier souvenir reste bien précis. A quelques internes, nous avions droit de sortie un soir pour aller au cinéma et la coutume voulait que l’on invite un professeur ; j’avais été chargé de demander à Dondainaz ; mais un camarade avait invité un autre confrère sans que je le sache ; quand je l’appris, je dis à l’oncle : « ça ne te fait rien qu’il y ait tel autre confrère ? » ; je l’ai vu changer de visage ; visiblement, il ne pouvait pas imaginer que l’on pense qu’il ne soit pas heureux de la présence d’un confrère. Chez lui consécration à Dieu et consécration à la communauté du Gd-St-Bernard, c’était tout un. Cela ne l’empêchait pas de raconter avec humour quelque épisode de la vie commune, gardant toujours une bienveillance de fond et regrettant que ses réactions aient parfois blessé les autres.
Il est venu à la paroisse de Martigny, en acceptant lucidement de tourner la page sur une vie de collège qu’il avait aimée. Il imaginait probablement qu’il serait sur la touche. Disponible, il accepta de rendre service, quelques messes de semaines, des temps de confessions, accueil au prieuré. Très rapidement, il se sentit engagé dans ce ministère, attaché à la communauté paroissiale, habité par les soucis, les peines, les joies des gens. Il a découvert avec des yeux neufs cette nouvelle vie et s’est montré très solidaire de la paroisse et de ses confrères. ,
Son neveu le chanoine Jean-Michel Girard


“Ton saint nom est Marie!”

Sous certains aspects, le nom est comme un instrument magique qui nous permet de désigner les choses et d’échanger avec d’autres personnes. Savoir le nom de quelque chose signifie que nous en avons une connaissance générale, voire même un certain pouvoir sur elle. Nous utilisons des noms propres pour singulariser telle chose, tel bien, tel animal, telle personne. Habituellement, les parents choisissent avec soin le nom que portera leur enfant. Souvent, ils lui donnent un nom qui leur rappelle un souvenir ou qui exprime un souhait, un projet d’avenir…
Dans les milieux catholiques, depuis la fin du moyen-âge, on a pris l’habitude de donner aux nouveaux baptisés le nom qu’a porté un saint, le mettant ainsi sous sa bienveillante protection. Ainsi, en pays de mission, on donne au néophyte un nom de baptême, un « saint nom » selon la terminologie chinoise. A Taïwan, sur la pierre tombale des catholiques, à côté du nom civil figure souvent le saint nom que certains appellent le « nom de l’âme ».
Liu Meiying, « Fleur de prunier », est née en 1962. Elle passa son enfance dans le village aborigène de Toboko. Elle noua une amitié profonde avec sa cousine Buno, son aînée de quatre ans. En 1968, Buno et leur grand-mère demandent à être admises dans l’église catholique et reçoivent le baptême. C’était l’époque où de nombreux aborigènes devenaient chrétiens – presbytériens, catholiques, baptistes, adventistes…-.
Les périples de l’existence séparèrent les deux cousines, mais leur amitié perdura. A la fin de leur scolarité, elles allèrent chercher du travail dans les grandes villes, sur la côte ouest de Taïwan. Buno eut la chance de rencontrer un catholique avec qui elle fonda une famille stable. Liu Meiying rencontra un homme qui la quitta après quelques années de vie commune. Par la suite, elle revint à Toboko et s’habitua à consommer des boissons fermentées. Après quelques années, elle se maria avec un aborigène.
Il y a une quinzaine d’années, la maman de Meiying entra dans une nouvelle « église » protestante et insistait auprès de sa fille pour qu’elle la suive. Mais Meiying refusait. « Je ne veux pas, disait-elle. Je désire imiter ma cousine Buno et devenir catholique comme elle et notre grand-mère. » Cependant, Meiying ne venait jamais à la messe et je ne la connaissais que de loin.
L’année passée, Meiying fut hospitalisée, frappée par un cancer. Buno nous en parla et, selon la coutume, avec quelques catholiques du village nous avons été lui rendre visite. Nous avons prié pour qu’elle reçoive les forces nécessaires pour supporter sa maladie et pour son éventuelle guérison.
En février 2012, sa maladie s’aggrava et elle fut à nouveau hospitalisée. Quelques semaines plus tard, Buno vint me trouver et me dit : « J’ai été rendre visite à ma cousine. Sa maladie empire. Meiying m’a exprimé à nouveau son désir d’être catholique comme moi, mais elle pense que le Père ne veut pas d’elle. »
Je lui réponds : « Tu sais bien que je suis venu à Taïwan conduit par Jésus, le Seigneur. Je souhaite partager ma vie avec les gens d’ici, vivre selon ma foi de prêtre catholique, essayer de manifester l’espérance et la lumière que Jésus nous offre. Je ne veux pas donner l’impression de chercher par tous les moyens à faire de nouveaux adeptes. Je n’ai jamais proposé à ta cousine de lui conférer le baptême. J’irai la trouver et je la baptiserai si elle le désire réellement. » Sur ce, Buno rentre chez elle à Taïchung, de l’autre côté de l’île.
Quelques jours plus tard, avec Imo, la responsable de la communauté catholique de Toboko, nous nous rendons à l’hôpital. Affaiblie, mais très sereine, Liu Meiying est heureuse de notre visite. Après un moment d’échange amical, Imo lui demande si elle désire réellement être baptisée et entrer dans l’église catholique. Son visage s’illumine et elle nous répond : « Depuis longtemps déjà, je désire devenir catholique comme ma cousine Buno, mais je n’ai jamais osé le dire au Père. »
Nous parlons ensuite de Jésus : il a supporté sereinement les douleurs de la passion et il a gardé confiance en l’amour infini de Dieu le Père à son égard. Marie, sa mère et notre mère, est restée à ses côtés et l'a soutenu, tout comme elle le fait encore maintenant pour chacun de nous qui désirons vivre avec Jésus et qui sommes ses enfants dans la foi. Je termine en lui disant : « La maladie t’a rapproché de Jésus. Je vais te conférer le baptême afin que tu sois encore plus proche de Jésus. Je te donne le nom de Marie, parce que la Vierge Marie sera toujours à tes côtés pour te réconforter. » Sur ce, je la baptise.
Liu Meiying fait de longs séjours à l’hôpital. A plusieurs reprises, avec quelques catholiques de Toboko, nous allons lui rendre visite et l’encourager par nos prières.
Mardi 5 juin, Buno vient me trouver et m’annonce que sa cousine vient de quitter ce monde. Selon la coutume locale, on l’a ramenée chez elle afin qu’elle puisse s’en aller en paix. Je lui propose de communiquer la nouvelle à Imo et à quelques autres personnes et que l’on se réunisse pour la veillée de prière. Buno me dit alors : « Ce serait l’idéal, car je désire du fond de mon cœur que ma cousine soit heureuse dans l’au-delà. Malheureusement, c’est impossible. La maman de Meiying causerait un esclandre, car elle exige que sa fille soit inhumée selon les rites de son église. »
Buno me fit alors le récit suivant : « Hier après-midi, j’étais à l’hôpital auprès de ma cousine qui avait perdu connaissance. Arrive alors sa maman. Un responsable de leur église l’accompagnait. Il nous dit qu’il va baptiser Meiying avant qu’elle ne quitte ce monde. Je lui dis que, selon les désirs de ma cousine, le Père l’a déjà baptisée et que son nom de baptême est Marie. Il me rétorque que le baptême qui va lui être conféré est supérieur à celui qui lui a été donné et que la volonté de la maman l’emporte sur celle de sa fille. Je n’ai pas voulu occasionner de vaines altercations et je me suis tue, mais j’en suis bien triste. »
Comme Buno, j’estime que leur comportement est regrettable ; cependant, il est inutile de s’en offusquer. Je dis alors à Buno : « Je suis certain que Meiying peut entrer dans la joie du ciel. Elle a reçu avec joie le baptême, il y a trois mois. Elle a affronté courageusement et sereinement sa maladie. Elle s’est endormie paisiblement. Comment l’inhumer ? Respectons les désirs de sa maman ! Nous prions pour elle, c’est l’essentiel. Le Seigneur écoute nos prières, peu importe que l’on soit près de sa dépouille ou ailleurs. »
Buno contacte ensuite Imo pour lui annoncer que sa cousine Meiying est décédée et pour lui expliquer la situation. Imo lui réplique : « Le Père a raison, mais je veux quand même aller dire au revoir à ta cousine. » Sur ce, elle se rend chez Meiying.
Imo assiste silencieusement aux derniers préparatifs avant la mise en bière et prie en son cœur. Avant de déposer le corps de Meiying dans le cercueil, sa maman dit à Imo : « Désires-tu dire une prière à l’intention de ma fille ? »
Imo accepte avec plaisir l’invitation et prie en ces termes : « Meiying, la maladie t’a emportée si jeune ! Mais je garde confiance au Seigneur Jésus qui va t’accueillir près de Lui. Tu as supporté la maladie avec courage et jusqu’à la fin : je t’admire. Et maintenant rappelle-toi que ton saint nom est Marie ! Que Marie, la mère de Jésus et notre mère, te conduise jusqu’au Ciel ! Au-revoir et sois heureuse ! » Ensuite, avec Buno, elle récite un Pater, des Ave et le Gloria.
Avant de quitter les lieux, Imo remercie la maman de Meiying pour sa courtoisie et lui certifie qu’elle compatit à sa douleur : une maman qui enterre sa fille, c’est bien éprouvant ! Elle termine en ces termes : « Je souhaite que Meiying jouisse du bonheur éternel et soit en paix. Je ne viendrai plus ici, mais sache que nous autres catholiques prions pour Meiying à l’église, auprès du Seigneur Jésus. »
Gabriel Délèze


Des changements dans la Congrégation et le Diocèse

Dans le souffle de la Pentecôte, je peux vous communiquer les informations qui donnent à notre Congrégation, pour le proche avenir, le profil suivant :
1. Le Chapitre général du mois dernier a élu le Prieur général, les Conseillers, l’Économe général, le délégué et son substitut auprès de la Confédération des Chanoines Réguliers. Le Prieur Général est le chanoine François Lamon; l' Econome général est le chanoine Jean-Michel Girard.
2. Avec le consentement du Conseil, j’ai nommé ou confirmé les prieurs locaux:
pour la Maison St-Bernard, à Martigny, le Chne Jean-Pierre Voutaz ;
pour l’hospice du Grand-Saint-Bernard, le Chne José Mittaz ;
pour l’hospice du Simplon, le Chne Jean-Pascal Genoud ;
pour le secteur paroissial de Martigny, le Chne François Lamon ;
pour le secteur paroissial d’Entremont, le Chne Jean-Michel Girard.
pour la mission à Taïwan, le Chne Gabriel Délèze.

3. Secteur pastoral de Bagnes
D'entente avec Mgr Joseph Roduit, père-abbé de Saint-Maurice et avec Mgr Jean-Marie Lovey, prévôt du Grand-Saint-Bernard, Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, a procédé aux nominations suivantes :
- Le chanoine Bernard Gabioud (congrégation du GSB), actuellement curé à Martigny, est nommé curé des paroisses de Bagnes, Verbier et Vollèges.
- Le chanoine André Abbet (abbaye de SM), actuellement curé solidaire des paroisses de Bagnes, Verbier et Vollèges, est nommé vicaire de ces mêmes paroisses.
- L'abbé Dominique Theux (diocèse de Sion) garde sa fonction de vicaire des paroisses de Bagnes, Verbier et Vollège. Ces prêtres feront communautés canoniale et sacerdotale à la cure de Bagnes avec le chanoine Paul Simon-Vermot (abbaye de SM, vivant déjà sur place) et Mgr Benoît Vouilloz, ancien prévôt du Grand-Saint-Bernard (nouveau).
- Les auxiliaires pastoraux en fonction dans le Secteur gardent leurs fonctions actuelles.
- Dans le même contexte, il est prévu de placer les fidèles de la région de Chemin-Dessus (qui fait partie de la paroisse de Vollèges) sous la responsabilité des desservants de la paroisse de Martigny.

Autres décisions
4. A la demande explicite de l'Abbé de St.Maurice, concernant une aide régulière à 50% que le St-Bernard assurerait au Chne Calixte Dubosson, curé de Vernayaz, c'est le Chne Michel Praplan qui répond présent. Il sera nommé conjointement par l'Abbé de St. Maurice et l'évêque de Sion.
5. Au secteur pastoral de Martigny, Jean-Pierre Voutaz, est nommé pour un poste de vicaire à 40%.
6. Dès le début septembre, le Chne Jean-Michel Lonfat est assigné à l'Hospice du Grand-Saint-Bernard tandis qu'Anne-Laure Gausseron, dans le cadre de son cheminement vers l'oblature, passe du St-Bernard au Simplon.
+ Jean-Marie LOVEY, Prévôt


Exposition

photographies et sculptures au musée de l’Hospice
du Grand Saint Bernard du 8 juin au 5 octobre 2013

FRAGILE
(du latin fragilis)
« qui se rompt facilement, se brise facilement, qui n’est pas solidement établi »
Un autre regard sur la fragilité
- Graines et capsules, le génie de la nature par Monika Augier
- Présences fragiles par Sonja Freuler
- Puzzle carcéral par Patrick Gilliéron-Lopreno
- Corps d’argiles par Yan Vita
Cette année pour l’exposition temporaire, quatre artistes ont été invités à s’exprimer sur la fragilité, sur ce qui peut sembler difficile voire même angoissant. Cette exposition/itinéraire est conçue autour de ces quatre personnalités qui vont à la rencontre du faible, du délicat et du précaire. Il y a dans ce parcours de l’inattendu où se nichent au détours d’une photo ou d’une sculpture autant d’éclats de vie que d’espérance.

LES ARTISTES

Monika Augier est photographe. Pour cette ancienne costumière de théâtre, d’origine Suisse et qui vit en France près de Nice, la nature est une source inépuisable d’inspiration. Monika déniche des fragments de vie à peine visibles, pour mieux les transfigurer. Elle explore avec son regard bienveillant la nature dans sa robe automnale, en faisant renaître fleurs, graines et racines en fin de vie.

Yan Vita est un artiste peintre et sculpteur qui a toujours passé son temps à dessiner. Après l’Ecole des Beaux Arts en France, il obtient son diplôme national d’Arts Plastiques. Pour ce français d’origine savoyarde qui vit et travaille dans le sud de la France, la recherche est permanente. Tel un musicien, chaque jour, il fait ses gammes entres couleurs et matières, sacré et profane, sculptures et peintures.

Patrick Gilliéron-Lopreno est photographe et vit en Suisse. Après des études d’histoire contemporaine, il se forme à la photographie dans une agence de photo-journalisme à Milan. En 2010, il se lance dans un travail documentaire photographique moins instantané autour de la thématique de l’enfermement. De la presse au documentaire social, Patrick est un chercheur de sens, qui marie, avec une étonnante harmonie, force et délicatesse dans les sujets qu’il choisit.

Sonja Freuler est une artiste-fleuriste d’origine Suisse-Allemande qui vit et travaille à Zurich. Après une formation polyvalente dans l’économie et le marketing, elle se forme à la floristique. Une passion qui la mène à un travail singulier à partir de bois flottés, de fleurs et de métal. Elle sculpte la nature comme elle l’aime : simplement, avec joie, force et douceur. Sonja est une chercheuse de sens.

Anne-Laure Gausseron